AGRICULTURE

Carlo Di Antonio: «Les contrôles de l’Afsca vont trop loin»

Carlo Di Antonio: «Les contrôles de l’Afsca vont trop loin»

Pour Carlo Di Antonio, il devrait exister « une exception artisanale » aux règles de l’Afsca.

Ariane Citron – Fotolia

Le ministre Di Antonio prépare un code de l’Agriculture qui favorisera une production locale que l’Afsca bride par son excès de zèle, estime-t-il.

le but de Carlo di Antonio est clair : d’ici la fin 2013, il veut avoir créé un code de l’Agriculture wallonne. Son objectif : donner un cadre de développement de notre agriculture en se donnant des cibles claires à atteindre sur lesquelles on concentrera les moyens budgétaires. L’un de ces enjeux : développer la production locale (lire par ailleurs).

Seulement voilà : celle-ci, selon Di Antonio, a beaucoup de mal notamment parce qu’elle est bridée dans son développement par des contrôles et des exigences démesurés de la part de l’Afsca (l’agence de contrôle de la chaîne alimentaire.)

« L’Afsca met une pression sur nos producteurs qui est terrible, estime Carlo Di Antonio. Par contre, les produits qui viennent de l’étranger, ils peuvent être rouges, jaunes, verts, ce n’est pas grave. Là, il y a un vrai problème de santé publique. J’estime que si je fais de la confiture et que je la vends à mon voisin, je ne vois pas pourquoi l’Afsca devrait pouvoir intervenir là-dessus. Je ne vais tout de même pas empoisonner les gens. »

En clair, le ministre dénonce des mesures identiques pour les petits producteurs et les grandes entreprises qui exportent.

«Quand un agriculteur veut transformer son exploitation pour faire un peu de fromage, les conditions sont énormes. La raison vient de ce que nous appliquons les règles européennes au-delà de ce que font les autres pays en matière de production locale. Historiquement, ce sont les conséquences de la crise de la dioxine. C’est à partir de là que l’Afsca a reçu des moyens nouveaux et a mis la pression. »

Du coup, Di Antonio fait une proposition : au travers du code de l’Agriculture, il envisage de pouvoir créer une «exception artisanale » aux exigences de l’Afsca.

«C’est du ressort du fédéral. Mais je vais rencontrer la ministre de l’Agriculture Sabine Laruelle et l’Afsca. Il faut fixer un seuil en dessous duquel les règles ne doivent plus s’appliquer. Avec des règles de bonnes conduites et d’auto-contrôles. Pour se lancer, il faut commencer petit. Et avec les règles de l’Afsca, c’est impossible. On fait disparaître des productions artisanales qui auraient pu se développer. l’Afsca va trop loin. »

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