santé

Sport gratuit sur ordonnance médicale

Sport gratuit sur ordonnance médicale

Faire du sport, le remède miracle pour ne plus être en surpoids ? C’est faux.

Imageglobe

À Strasbourg, certains malades peuvent faire du sport gratuitement. Un système que Jean-Luc Crucke, MR, verrait bien arriver chez nous. Mais….

Depuis le 5 novembre 2012, la Ville de Strasbourg (France) mène une expérience peu banale : permettre aux personnes souffrant de surpoids, de diabète ou de problèmes cardiaques d’accéder gratuitement aux infrastructures sportives communales ou associatives. Pour bénéficier de ce système, la simple présentation d’une ordonnance médicale suffit. L’initiative n’est pas tombée dans l’oreille d’un sourd.

«Ce programme met en valeur le suivi médical – 50 médecins généralistes participent à l’expérimentation -, l’expertise sportive – un éducateur sportif oriente les individus vers l’activité physique la mieux adaptée à leurs besoins – et les infrastructures sportives existantes, raconte le député MR Jean-Luc Crucke. Avec l’objectif de réduire les coûts de la sécurité sociale.» Selon le bourgmestre de Frasnes-lez-Anvaing, c’est une opération win-win. Et pas seulement pour l’État qui verrait la consommation de médicaments diminuer. «Personne ne conteste le rôle bénéfique du sport dans la guérison ou l’amélioration de la santé», précise le libéral.

Dans un peu moins d’un an maintenant, le projet, financé par la Ville de Strasbourg – près de 130 000 euros ont été dégagés pour l’occasion -, sera évalué. De son côté, le député libéral a demandé lundi, en Commission du Parlement de la Communauté française, au ministre des Sports André Antoine si une telle mesure pouvait être envisagée chez nous. «Il n’a pas fermé la porte. Sans la laisser ouverte non plus.»

La situation est en effet complexe : Laurette Onkelinx est compétente pour la médecine curative, Fadila Laanan pour la médecine préventive. Et entre les lignes, on comprend qu’André Antoine ne voit pas pourquoi ce serait à lui de dénouer les cordons de la bourse. D’autant plus que le budget des sports est loin d’être illimité et que dans l’Hexagone, un rapport de l’Académie nationale de médecine française préconise la «prise en charge par l’assurance-maladie et les mutuelles des activités physiques et sportives prescrites par les médecins». Le ministre indique toutefois que dans le cas où un projet similaire lui est soumis par l’une ou l’autre commune, il examinerait la possibilité de le soutenir financièrement. Sans se montrer… très optimiste.

De quoi décourager l’homme fort de Frasnes-lez-Anvaing? Allons donc, il verrait bien sa commune bénéficier d’un tel système. «Les courriers sont prêts. Je n’ai plus qu’à les envoyer aux ministres compétents. Il y a encore du pain sur la planche. Ce n’est pas gagné. Mais avec ce dossier, les différents niveaux de pouvoir ont la possibilité de montrer qu’ils savent travailler main dans la main.» À noter que certaines mutualités interviennent déjà dans l’affiliation à un club sportif. Cela vaut donc le coup de se renseigner.