Jeu sur le net : attention danger

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Joël Billieux, professeur à l’Institut de recherche des sciences psychologiques et spécialisées des addictions, se penche quant à lui sur l’addiction des jeunes (et moins jeunes) au jeu sur internet. Et plus précisément les jeux de rôle en ligne mutijoueurs. «Ils ont un pouvoir addictogènes particulièrement élevé. »

Comme l’alcool…

Actuellement, il n’existe pas de chiffres sur le nombre de joueurs cyberdépendants en Belgique, mais d’après les données d’autres pays, on l’estime en moyenne entre 10 à 18 % des joueurs. Les symptômes? Perte de contrôle de son comportement et des compulsions de jeu, automatisme, obsession… À tel point que l’addiction compromet la qualité de vie sociale, professionnelle et personnelle du joueur. «Ça ressemble à la dépendance d’autres addictions comme les jeux du hasard, l’alcool, la drogue. J’ai vu des personnes prendre 15 kg en six mois, jouer plus de six heures par jour , inverser les jours et les nuits pour pouvoir jouer en paix…»

Dans sa récente étude, il veut déceler les facteurs psychologiques liés à l’addiction. Il a ainsi analysé un échantillon de plus de 1000 joueurs de World of Warcarft, le plus populaire des jeux en ligne. Et s’est attaché à comprendre la motivation de ces joueurs dans l’excès. Et ils sont plus de 46 % dans l’échantillon étudié. «Certains sont là pour s’immerger dans un monde virtuel, entrer en contact avec d’autres joueurs, tenter de se réaliser par le jeu, ou encore se réfugier dans le jeu pour fuir un quotidien difficile ou un traumatisme. » Le chercheur louvaniste a également déterminé plusieurs sous-groupes en pointant certains profils qui courent davantage de risque de «basculer » L’étude espère en tout cas apporter une pierre à l’édifice dans l’amélioration des politiques de préventions et des interventions cliniques chez ces personnes.

S.L.