Manipulé par les services secrets chinois

En plus d’être, selon Laurent Colonnier, un homosexuel refoulé, Hergé était-il… un communiste qui s’ignore? Dans Georges et Tchang, une histoire d’amour au vingtième siècle, Colonnier montre de quelle façon le dessinateur aurait été manipulé par les services secrets chinois à travers Tchang, pour nuire à l’ennemi héréditaire, le Japon : «Tchang lui-même était manipulé par Tong Dizhou, l’étudiant avec qui il partageait sa chambre et qui deviendra plus tard haut-dignitaire du régime maoiste. On sait, et Hergé l’a lui-même reconnu devant des journalistes hollandais, que les services secrets ont instrumentalisé l’œuvre d’Hergé. C’est Tchang, par exemple, qui a dessiné toutes les affiches et banderoles chinoises du Lotus Bleu. Et la plupart de ceux-ci sont des slogans anti-japonais. Dans le même album, il attribue l’attentat de Moukden aux Japonais, lesquels en auraient profité pour envahir la Manchourie. Or, dans sa version officielle, le Japon attribue l’incident à des bandits chinois, lesquels auraient profité d’un pont pour commettre leur forfait. Le problème, c’est qu’il… n’y a jamais eu de pont à Moukden. »

« Je suppose que Fanny a aimé »

Avec une telle charge, même romancée, on imaginerait les héritiers d’Hergé, et notamment Moulinsart, courroucés par la sortie de l’album de Laurent Colonnier. Bizarrement, ni Fanny, ni Nick Rodwell n’ont réagi à sa publication : « Je leur ai bien entendu envoyé un exemplaire, avance l’auteur avec un certain contentement. Je suppose que Fanny a lu et aimé, elle a dû retrouver son mari, avec ses tourments. Mais nous n’avons eu aucune nouvelle. Même pas de procédure en justice. Elle n’a pas de raison d’être, mais c’en est presque décevant : ça aurait offert une bonne pub supplémentaire à mon bouquin (rires)!»

Mi. D.