Assises du Hainaut - quatre tirs ont atteint la victime, selon les experts

L'après-midi de lundi était consacré à l'audition des inspecteurs et des experts au procès de Stéphane Cresp, 48 ans. L'accusé doit répondre devant la cour d'assises du Hainaut, présidée par Olivier Delmarche, de l'assassinat de Joseph Ouellet, tué par balles, le 28 mai 2010 à Havinnes (Tournai).

Les inspecteurs en charge de l'enquête ont expliqué que c'est l'accusé lui-même qui a prévenu les services de secours. Après avoir tiré sur la victime, il a calmement attendu l'arrivée des forces de l'ordre et n'a opposé aucune résistance lors de son arrestation.

D'après les experts, dix tirs auraient été effectués. Quatre douilles ont atteint la victime, cinq ont été retrouvées près de la scène de crime et un coup a probablement été tiré en l'air en guise d'avertissement. L'arme utilisée était un fusil d'assaut semi-automatique muni de deux chargeurs que l'accusé avait pris soin de remplir avant de se rendre sur les lieux du crime.

Lundi matin, interrogé par le président, Stéphane Cresp a reconnu qu'il ne s'était pas rendu au garage avec une arme de ce gabarit juste pour faire peur mais pour arrêter Joseph Ouellet.

Selon les légistes, la victime est décédée rapidement à cause des fractures ouvertes à ses deux membres inférieurs et à son bassin qui ont entraîné une importante perte de sang ainsi qu'une asphyxie majeure. Un des tirs révélant une trajectoire montante du mollet vers le bassin, ne s'explique, d'après les experts, que s'il est effectué soit au moment de la chute de la victime, soit, et c'est l'explication la plus rationnelle, si elle est couchée au sol, levant son pied en geste de protection. Une thèse que l'accusé conteste, affirmant s'être arrêté de tirer lorsque son ami s'est écroulé au sol, mais que plusieurs témoignages tendent à confirmer.

L'analyse psychologique de Stéphane Cresp met en évidence une tendance à présenter une réaction exagérée face à tout problème réel. "L'accusé présente une position familiale s'apparentant à celle d'un patriarche dans le sens d'assurer la sécurité et l'organisation du quotidien familial. La perception d'avoir perdu cette position paraît avoir été un des moteurs des faits infractionnels", a indiqué l'expert psychiatre.

Les témoins qui ont assisté à la scène de crime seront entendus mardi.