ÉCONOMIE

Philips Turnhout: de 218 à 354 emplois menacés

Philips Turnhout: de 218 à 354 emplois menacés

Spécialisé dans le développement et la production d’applications d’éclairage écoénergétiques à usage professionnel, le site de Philips à Turnhout emploie 1.533 salariés, dont 620 employés et cadres et 913 ouvriers.

Belga

Nouveau coup dur en vue pour l’emploi dans notre pays. Philips compte restructurer sur son site de Turnhout. 218 emplois selon les syndicats, 354 selon la direction, pourraient passer à la trappe.

Un conseil d’entreprise extraordinaire se tenait ce lundi matin chez Philips à Turnhout. Il en ressort, selon la FGTB-Metal, que 156 ouvriers et 62 employés et cadres pourraient être touchés. Soit 218 emplois sur les 1.540 recensés actuellement.

Le site de Turnhout est confronté à la baisse des ventes des lampes et le chômage économique y atteint les 30 % depuis plusieurs mois, une situation intenable, selon les syndicats.

En septembre, la maison-mère de l’usine avait annoncé son intention de supprimer 2.200 emplois de par le monde, notamment dans ses divisions «éclairage» et «healthcare».

« Une nouvelle réorganisation s’imposait »

«Certains changements organisationnels s’imposaient afin de conserver notre compétitivité et de faire face aux développements économiques actuels et futurs», a commenté Alasdair Waugh, directeur de Philips Turnhout, au terme du conseil d’entreprise extraordinaire.

En juin dernier, le groupe avait déjà fait part de son intention de faire passer à la trappe 136 emplois. «Aujourd’hui, la direction se voit dans l’obligation de revoir sa position à la suite de nouveaux développements», a précisé Philips.

Selon la direction, ce sont même 354 emplois - 156 postes d’ouvriers et 198 postes d’employés et de cadres - qui sont désormais menacés à Turnhout.

«La pression du marché sur les lampes à décharge à haute intensité (HID), comme celles produites à Turnhout, ne cesse de s’intensifier, en raison des évolutions rapides sur le marché de l’éclairage avec l’arrivée de l’éclairage LED, des pressions concurrentielles accrues des pays asiatiques et de l’érosion des prix qui en découle», a encore justifié la direction qui pointe par ailleurs «une baisse des volumes de production planifiés pour les deux années à venir».

De fin 2012 à 2014

«Ces nouveaux développements, associés à l’annonce d’économies supplémentaires pour l’ensemble du groupe à l’échelle mondiale, rendaient indispensable une adaptation de l’intention annoncée en juin dernier», a poursuivi le groupe.

Selon ce dernier, la réorganisation se déroulera en plusieurs phases, à partir de fin 2012 et tout au long de 2013 et de 2014. «Le calendrier fera également l’objet de discussions avec les partenaires sociaux», a conclu Philips qui «mettra tout en oeuvre pour accompagner les salariés concernés dans leur recherche d’emploi.»

Les syndicats dénoncent un mauvais management
"Les coûts salariaux ne représentent que 4% du prix du produit. Selon nous, la production de lampes LED, délocalisée en Asie du sud est, aurait parfaitement pu se poursuivre à Turnhout", a réagi Ortwin Magnus (FGTB).
Le syndicat socialiste craint par ailleurs pour l'avenir du site, malgré les propos rassurants de la direction.
Quant à la CSC, elle évoque elle aussi l'hypothèque qui pèse sur l'usine. "Les volumes sont réduits et certaines productions sont stoppées. Nous regrettons que Turnhout n'ait pas de rôle à jouer alors que la technologie LED envahit le marché", a souligné Leo Lauwerysen (CSC).

Arrêt de travail spontané
Suite à l'annonce de la direction, les travailleurs de différentes unités du site de Turnhout ont débrayé spontanément ce lundi midi. "Il s'agit de travailleurs des équipes du matin, qui terminaient à 14 heures, ainsi que des salariés des équipes de jour, dont des employés. Ils se sont rassemblés dans le réfectoire et n'ont pas repris le travail après leur pause", a expliqué Leo Lauwerysen.
Selon ce dernier, les syndicats n'ont pas appelé à la grève mais soutiennent les grévistes. "Une action de longue durée ne nous semble pas être une bonne idée parce que ça pourrait être un cadeau pour Philips mais nous comprenons l'émotion des gens et nous soutenons complètement leur mouvement."
Par ailleurs, le personnel d'entretien a lui aussi débrayé, mettant à l'arrêt toutes les lignes de production.