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Une PME sur trois va devoir licencier

Une PME sur trois va devoir licencier

Les petites et moyennes entreprises étouffent. La faute à la crise et à une politique défavorable, dénonce le Syndicat Neutre des Indépendants.

Thierry du Bois

Baisse de revenus, faillites… Les PME n’ont pas le moral. Une sur trois devra licencier dans les six mois.

Une PME sur trois prévoit de licencier un ou plusieurs membres de son personnel lors des six prochains mois, selon une enquête du Syndicat Neutre pour Indépendants (SNI) menée auprès de 867 entreprises et dont Het Laatste Nieuws détaille les résultats ce lundi.

À peine 18% des petites et moyennes entreprises envisagent d’engager du personnel, le plus souvent pour remplacer les personnes qui quitteront la société.

Parmi les PME interrogées, 35% dégagent encore du bénéfice tandis que 24% accusent des pertes. D’après le SNI, les réserves financières d’un certain nombre de PME sont par ailleurs totalement vides. La crise économique est pointée du doigt comme principale cause à cette situation mais les entrepreneurs pointent également les coûts de personnel.

«Celui qui dit que la Belgique n’est pas confrontée à un problème lié au coût salarial ne veut pas voir la réalité en face», explique la présidente du SNI, Christine Mattheeuws. «Les charges salariales doivent doit être revues structurellement à la baisse», précise-t-elle, rappelant que la diminution des cotisations sociales pour les trois premiers travailleurs, en vigueur depuis le mois d’octobre, ne suffira pas.

Autre enseignement de cette étude: six patrons d’entreprise sur dix ne choisiraient plus l’entreprenariat si la question se posait aujourd’hui, principalement à cause de la «politique gravement défaillante» en vigueur.

Moins de nouveaux indépendants

Les PME devront licencier, et en plus, elles sont de moins en moins nombreuses. Depuis début 2012, 11 % d’indépendant en moins par rapport à l’année dernière se sont lancés dans une nouvelle activité.

Citée par La Libre, la présidente du SNI accuse le gouvernement Di Rupo : «Nous en avons marre que le gouvernement s’en prenne systématiquement aux indépendants et les fasse passer pour des fraudeurs. On ne pourrait pas aller chercher à boucler le budget ailleurs que sur le dos des indépendants ? N’y a-t-il pas d’autres groupes de travailleurs ?» Pour elle, trop de mesures sont un obstacle à la volonté d’entreprendre. Mais, selon Christine Mattheeuws, Sabine Laruelle, la ministre fédérale des indépendants, s’est montrée sensible aux arguments de la SNI.