«Pas de recette miracle. Mais nous avons des pistes que le gouvernement n’a pas creusées», annonce Emily Hoyos.

1. Les intérêts notionnels « Il faut réorienter le système. On le dit depuis des années. Mais maintenant, le père des intérêts notionnels (NDLR : l’économiste Bruno Colmant, ex-chef de cabinet de Reynders) plaide lui-même pour modifier ce système coûteux pour l’État belge. Il ne faut pas supprimer les intérêts notionnels mais les réorienter vers les PME. Cela rapportera un milliard. »

2. Electrabel «En obligeant Electrabel à payer 650 millions de compensation pour la prolongation de vie des centrales nucléaires. Selon la Commission de régulation de l’électricité et du gaz (CREG), Electrabel devrait verser 1,2 milliard à l’État. Le gouvernement ne comptait déjà prendre que 500 millions. J’apprends que ce montant pourrait diminuer à 350 millions seulement, sous prétexte que les centrales ont fonctionné au ralenti les derniers temps. C’est exact. On peut dès lors baisser à un milliard par rapport aux chiffres de la CREG. Mais pourquoi le secteur nucléaire pourrait-il se faire de l’argent sur dos contribuable par les temps qui courent? C’est non.»

3. Les banques «On sait d’où vient cette crise. On sait pourquoi il faut chercher autant de milliards. C’est parce que des traders ont joué et perdu. La dette s’est accrue ces dernières années parce qu’on a dû sauver les banques. Donc ils doivent aider aujourd’hui. Il faut taxer lourdement les plus-values spéculatives.»

4. Une épargne verte «Les Belges ont toujours une épargne importante. Or, avec cet argent, les banques prêtent à ceux qui organisent la délocalisation et la spéculation. Nous proposons un livret vert avec des taux d’intérêt et une fiscalité très intéressants pour que cet argent soit investi dans des projets «verts » localisés en Belgique.»

5. Une cotisation de crise sur le grand patrimoine «Certains ont d’avantage la possibilité de contribuer au budget de l’État que d’autres. Une taxe sur le grand patrimoine serait une opération ponctuelle, unique, qui pourra rapporter 400 millions».

Et de conclure : «Tout ceci montre qu’il y a moyen de faire autrement que des économies et des taxes linéaires qui touchent tout le monde de la même façon. Il faut le faire. Ils doivent le faire.»

C. Ern.