Les hommes qui valaient 2 milliards

Un « petit meeting » coûte la bagatelle de 260 000 dollars. Sans compter la pub, les déplacements…

Associated Press/Reporters

La campagne présidentielle américaine coûte des fortunes qui frisent l’indécence. Bienvenue dans un pays ou le pouvoir, c’est l’argent.

Le coût de l’élection présidentielle américaine a déjà atteint 1,6 milliard de dollars en 2012, un chiffre comparable à 2008 mais notable par son ampleur, puisqu’il y a quatre ans, Barack Obama avait dû financer en plus une coûteuse campagne des primaires contre Hillary Clinton.

Barack Obama, à titre personnel, a réussi à lever 564 millions de dollars contre 337 à Mitt Romney.

À cela viennent s’ajouter les dons des particuliers (plafonnés à 2 300 dollars), mais surtout ceux des Political Action Comitees (Super PACs) qui, eux, sont sans limites, mais pour lesquels on ne peut rester anonymes. On sait ainsi que le plus généreux donateur démocrate est Jeffrey Katzenberg, patron du studio d’animation Dreamworks, qui a versé 2 millions de dollars.

Au total, le Super PAC d’Obama a levé 51 millions de dollars et celui de Romney 112.

Il y a aussi les fonds levés par le Parti Démocrate (253 millions de dollars) et le Parti Républicain (331 millions).

Bref, au total, les deux candidats auront allègrement engrangé plus de 2 milliards de dollars. Tout simplement hallucinant.

Plus facile pour le président

Mais à quoi sert tout cet argent? À faire de la pub, bien sûr avant tout. Et les deux candidats ne s’en privent pas. Particulièrement dans les fameux Swing States (États indécis), où ils savent que l’élection peut se gagner ou se perdre. En moyenne une pub électorale coûte environ 550 dollars. Et quand on sait qu’en 2008, rien qu’en Iowa, on a dénombré 50 000 spots télé de campagne…

Et puis il y a les meetings de campagne. Un petit meeting coûte la bagatelle de 260 000 dollars.

Les déplacements coûtent aussi un pont. Pour aller d’un état à l’autre en hélico ou en avion, histoire de ne pas perdre de temps, ça pompe des billets verts.

Mais là, le président sortant à une longueur d’avance. Il peut en effet bénéficier de toute l’infrastructure de la Maison Blanche et de l’administration américaine : flotte d’hélicoptères, Air Force One, personnel, etc. Oh bien sûr, il devra rembourser l’État pour l’utilisation de ses ressources. Mais certainement pas dans son entièreté. On estime que seuls 20 % environs supportés par l’administration américaine durant la campagne d’un président seront remboursés. Un fameux avantage tout de même. Mais pas forcément suffisant pour être assuré de rempiler à la Maison Blanche…