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13.000 emplois salariés perdus en un an

13.000 emplois salariés perdus en un an

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Contractions (surtout) et dilatations (beaucoup moins) du marché du travail salarié : l’ONSS a fait ses comptes. Pas de bonne surprise…

L’ONSS vient de mettre à jour ses données statistiques sur l’emploi salarié, jusqu’au 30 juin 2012. On ne tiendra donc pas compte des récentes annonces de restructuration, comme celle de Ford Genk.

Quel enseignement à la clé? Pas de grosse surprise : « La hausse de l’emploi au cours de la première partie de l’année 2012 est quasiment à l’arrêt, compte tenu de la dégradation de la conjoncture économique», note le rapport.

Par rapport au 30 juin 2011, « le nombre de postes de travail a même diminué de 0,4 %.» Ces 0,4 % représentent pas moins de 13 000 emplois. La tendance s’observe dans les trois grands secteurs, à savoir l’industrie et la construction (-0,6 %), les services commerciaux (-0,5 %) et les services non-commerciaux (+0 %).

Et la tendance est plus nette encore dans le secteur de l’intérim, qui enregistre au deuxième trimestre 2012 une baisse de près de 6 % de son volume de travail par rapport au deuxième trimestre 2011, surtout pour le travail ouvrier (-9 %).

L’institut pour un Développement durable a analysé les chiffres de l’ONSS et refait ses propres calculs.

Temps de travail à la baisse

Si on perd 13 000 emplois salariés ONSS entre juin 2011 et juin 2012, la courbe a progressé de 1,4 % entre 2008 et 2012 (soit une hausse de 46 000 emplois). Or, dans le même temps, le volume du travail (c’est-à-dire le nombre d’équivalents temps plein) ne suit pas le même rythme : seulement 0,6 % d’augmentation d’ETP entre 2008 et 2012.

Ce qui veut dire? «À moyen terme, le temps de travail moyen est orienté à la baisse», explique Philippe Defeyt, économiste et administrateur à l’institut pour un développement durable.

Le régime de travail à temps partiel a augmenté de 13,5 % en 4 ans. Mais le nombre de saisonniers et d’intérimaires a reculé (– 9 % depuis 2008).

L’IDD confirme aussi une plus grande féminisation du marché du travail salarié : entre 2008 et 2012, l’emploi masculin a perdu 31 000 unités (dont la moitié entre 2011 et 2012), pendant que les femmes décrochaient 76 000 emplois de plus.

Moins tôt… et plus tard

Les jeunes en bavent davantage, comme on sait : leur emploi recule de 40 600 unités entre 2008 et 2012, dont la moitié entre 2011 et 2012. «C’est le reflet à la fois d’une augmentation du nombre de jeunes aux études et d’embauches à la baisse », analyse Philippe Defeyt.

Par contre, l’emploi salarié des plus de 50-64 ans a augmenté de 17,5 % entre 2008 et 2012, soit 123 500 unités.

Bref. Philippe Defeyt en conclut ceci : «Même si on tient compte des évolutions de l’emploi indépendant (à la hausse jusqu’en 2012 d’après le Bureau fédéral du Plan), de l’emploi dans les administrations locales (à la hausse jusqu’en 2011) et des emplois frontaliers occupés par des Belges, il n’en demeure pas moins que l’on observe un écart croissant entre l’offre et la demande d’emplois. Cette tendance sera malheureusement renforcée dans les mois qui viennent».

P. S.