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« On doit toujours faire un report sur pellicule »

Le numérique a changé les pratiques de restauration. Le point avec Béatrice de Pastre, directrice des collections du CNC.

Quel est le principal avantage du numérique?

La pellicule nitrate des débuts du cinéma avait une sensibilité, une qualité photographique qui donnait une richesse de détails tout à fait étonnante dans l’image que l’on ne pouvait pas rendre avec les premières restaurations. C’est désormais possible avec les nouveaux scanners et le traitement image par image à la palette graphique.

Le «zéro défaut» est-il souhaitable?

Il faut savoir s’arrêter pour ne pas enlever les caractéristiques d’un film. On ne peut pas restituer un objet qui n’a plus rien à voir avec les conditions techniques et culturelles de sa sortie. Les comptes-rendus des films des Frères Lumière, par exemple, parlent d’une image qui bougeait. Bien entendu, l’instabilité d’origine n’est plus supportable aujourd’hui mais on travaille alors sur une stabilisation qui ne fige pas complètement l’image.

A-t-on gagné en pérennité?

Non, la durée de vie de la pellicule est de 300 ans. Avec le numérique, il faut faire des migrations de serveur très rapprochées pour être sûrs que les informations seront bien lisibles à l’avenir. Le LTO est un format de bandes sur lesquelles on transcrit. Le LTO-6 va sortir, avec les nouveaux lecteurs on ne pourra plus lire ce qu’on a mis il y a dix ans sur du LTO-3.

Le numérique est-il sûr?

Il n’y a pas encore de système pérenne de conservation des fichiers numériques, on doit toujours faire un report sur pellicule 35mm pour pouvoir conserver les films.

C.Fi.

Centre National du Cinéma et de l’image animée : www.cnc.fr