Emily Hoyos: «Pas de coup bas mais de la modernité»

Emily Hoyos: «Pas de coup bas mais de la modernité»

« Chaque fois que c’était possible, on a mis fin à des baronnies qui étaient parfois en place depuis 36 ans. ».

Belga

Écolo fait-il désormais de la politique «comme les autres»? Après les tractations communales, certains l’ont cru. Émily Hoyos s’en défend.

Émily Hoyos se verse une tasse de thé vert et en déguste une gorgée. Elle sourit. Après de longues tractations, elle vient d’amener les Verts dans la majorité de sa petite commune si tranquille, Profondeville. Elle jette un regard déterminé sur ses notes.

Émily Hoyos, Écolo a triplé le nombre de ses bourgmestres à ces élections. C’est le paradis ?

On ne s’était pas donné de chiffres magiques. Mais on voulait amplifier l’action d’Écolo sur le terrain local. On passe de 31 communes à 44 où on est présents dans la majorité. Et il y en a encore huit en négociation. On passe de 365 élus à 483 : c’est 116 élus de plus. On entre dans trente conseils communaux où on n’était pas, comme à Ath ou à Dinant. C’était inexplicable qu’on n’y soit pas. C’est fait.

Vous êtes une co-présidente heureuse en somme.

Je note une très belle progression en milieu rural, ce qui n’était pas notre terreau de départ. Cela montre que nos réponses collent aux besoins des familles dans les villages. À Étalle, on a fait 18,5 %, à Theux 18 %, à Marchin 25 %, à Floreffe 25 %. C’est encourageant. Et puis, là où on a pu, on a contribué à la fragilisation des baronnies. Comme à Watermael ou à Profondeville (NDLR : Olivier Deleuze est devenu bourgmestre à Watermael, Émily Hoyos a fait entrer Écolo à Profondeville). Chaque fois que c’était possible, on a mis fin à des baronnies qui étaient parfois en place depuis 36 ans.

Vous avez mis des bourgmestres historiques à la porte. N’est-ce pas humiliant pour eux ?

On a contribué à moderniser la politique. Ce ne sont pas des attaques ad hominem ou ad feminem. Quand on est depuis longtemps à la gestion, souvent seul, on s’essouffle. Amay a montré le chemin. Six ans après avoir relevé le pari d’une majorité qui tenait à un siège, Écolo y est désormais complètement établi.

Écolo ne fait-il pas désormais de la politique comme tout le monde ? Des coups bas pour être au pouvoir.

Non. Je rappelle que nous ne sommes pas, en Belgique, dans un système majoritaire. On est dans une espèce d’élections à deux tours. Les citoyens votent. Et après des coalitions se mettent en place. Et chaque fois, Écolo fait le choix de la modernité.

La modernité, c’est exclure le parti qui a le plus de voix ?

Prenez Watermael. Deux personnes sur trois n’ont pas voté pour cette bourgmestre sortante (Martine Payfa, FDF). Donc deux tiers de la population veut passer à autre chose. C’est ce qu’on a fait.

Et les petites manœuvres pour éjecter, par exemple, Philippe Moureaux (PS) à Molenbeek ?

Écolo ne manœuvre pas, mais cherche des solutions nouvelles. Toutes nos alliances ont pour objectif de moderniser les communes. ¦