Hoyos (Ecolo): «Ni taxes, ni TVA. Di Rupo est triplement responsable»

Hoyos (Ecolo): «Ni taxes, ni TVA. Di Rupo est triplement responsable»

Reporters

La co-présidente écolo met en garde contre un budget qui serait irresponsable. Revoir les exigences européennes est une option.

La co-présidente d’Écolo (qui est dans l’opposition fédérale) en convient : «Pour trouver un budget, le contexte est devenu encore plus difficile ces quinze derniers jours . Le gouvernement semble piétiner. C’est sûr que l’effort à faire est d’une ampleur inédite.»

Mais la solution n’est pas un saut d’index ou une hausse linéaire de taxes, affirme-t-elle. «Car ce ne sont pas des mesures durables ou win-win, cela ralentirait la consommation. Ce serait résumer les enjeux budgétaires à une simple arithmétique. Et ce serait faire le budget sur le dos des classes moyennes et des bas revenus qui ont déjà assez donné.»

Et d’asséner : « Le gouvernement Di Rupo doit faire preuve d’une triple responsabilité.»

1. Responsable face aux victimes de ce cynisme économique «Un cynisme, sur le plan européen, qui oppose les travailleurs entre eux. Il faut les aider à se reconvertir et à ne pas boire la tasse.»

2. Responsable face à la trajectoire budgétaire mais à un rythme revu «Écolo ne sera jamais porteur d’un discours de laisser-aller budgétaire, explique Émily Hoyos. On a vu dans les années 70 combien ces dépenses, et son lot de travaux inutiles, ont fait aujourd’hui de notre pays un pays durablement endetté. Mais il faut à présent que le gouvernement arrête d’équilibrer son budget sur le dos de ceux qui n’arrivent déjà pas à joindre les deux bouts. Ce que le gouvernement a fait en prenant notamment des mesures sur le dos des chômeurs, des jeunes et des femmes, qui sont déjà en détresse.»

Écolo rejoint cependant la position exprimée par le PS, et par Laurette Onkelinx en premier : il faut revoir les exigences européennes.

«On doit s’interroger sur le rythme de la trajectoire budgétaire fixée. Pour le modifier, le traité européen évoque la possibilité de circonstances exceptionnelles. Ici si équilibrer le budget revient à créer de la récession ou à organiser un grave déséquilibre socio-économique, ce sont des circonstances exceptionnelles. Dans ce cas, nous devons modifier le rythme pour atteindre les exigences européennes.»

3. Responsable d’une vision socio-économique «Faire un budget, c’est aussi rendre espoir et actionner les leviers pour créer de l’emploi. En choisissant une filière. Agoria, qui n’est pas une organisation environnementale, estime que 30 000 emplois peuvent être créés dans le secteur des énergies renouvelables. Pour cela, il faut des politiques visionnaires. Il faut des mesures claires qui ne changent pas tous les deux mois.
En Allemagne, il y a aujourd’hui plus d’emplois dans le secteur vert que dans l’automobile. Il n’est pas trop tard pour que la Belgique fasse ce choix aussi.»