ELECTIONS COMMUNALES 2012

Bart De Wever remporte le scrutin à Anvers: "Un point de non-retour dans l'histoire"

Bart De Wever remporte le scrutin à Anvers: "Un point de non-retour dans l'histoire"

De Wever se tourne déjà vers les élections législatives de 2014. Belga

Bart De Wever a remporté le scrutin communal à Anvers. Le bourgmestre sortant, Patrick Janssens (sp.a) a reconnu sa défaite. Le président de la N-VA appelle d'ores et déjà le Premier ministre Elio Di Rupo, et les politiques francophones à préparer une réforme ouvrant la voie à une Belgique confédérale.

Peu après 18h00, sur base du tiers des bureaux de vote déjà dépouillés (128 sur 361), la N-VA menait très nettement, avec 37,5% des suffrages, devant la liste municipale (sp.a-CD&V) menée par le bourgmestre sortant, Patrick Janssens, pointée à 29,1%.

La Vlaams Belang, qui avait engrangé un tiers des voix dans la ville portuaire en 2006, chute à 10% à peine. Les écologistes de Groen, emmené par la députée Meyrem Almaci et leur président de parti Wouter Van Besien, doublent leur score, avec 8% des voix.

La ministre de la Justice, Annemie Turtelboom, qui avait spécialement emménagé à Anvers pour tenter d'y relancer l'Open Vld, manque totalement son pari. Sa liste ne réalise que 5,5%, soit moins que le Parti des Travailleurs de Belgique qui réalise une véritable percée, avec 7,9% des suffrages, vraisemblablement pris à liste du bourgmestre sortant.

Vers 18h30, Patrick Janssens a officiellement reconnu sa défaite. "L'initiative revient à Bart De Wever" a-t-il annoncé.

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"Les Flamands ont fait le choix du changement"

Dans la foulée, Bart De Wever a appelé le premier ministre Elio Di Rupo et les politiques francophones à préparer une réforme ouvrant la voie à une Belgique confédérale. "C'est un dimanche jaune et noir!" s'est-il exclamé. A ses yeux, un "point de non-retour dans l'histoire" a été franchi: la N-VA est devenue le premier parti de Flandre et, à Anvers, remporte "la plus grande victoire électorale depuis la seconde guerre mondiale" en dépassant les socialistes.

"Les Flamands ont fait le choix du changement", a-t-il ajouté. De Wever a donc répété l'appel qu'il lançait déjà à la rentrée et qu'il adresse à Di Rupo et aux partis francophones: "Préparez avec nous la réforme confédérale. Prenez vos responsabilités!"

Selon lui, les résultats de ces élections traduisent le rejet en Flandre d'un "gouvernement de taxe" qui ne dispose pas du soutien d'une majorité de partis flamands au parlement. Il est donc temps, a-t-il dit, de donner aux Flamands et francophones le système politique auxquels ils ont droit.

Maingain: "Grave échec pour Di Rupo"

Ailleurs en Flandre, la N-VA serait en passe de réaliser un raz-de-marée. Exemples parmi d'autres, le parti de Bart De Wever a remporté l'élection à Saint-Nicolas et Hal. Selon les résultats définitifs, les nationalistes y enlèvent 28,5% des voix, tandis que le cartel rouge-vert emmené par la bourgmestre Christel Geerts ne fait que 25,7%. Le Vlaams Belang y perd plus de la moitié des sièges qu'il y détenait dans la ville.

Le président des FDF, Olivier Maingain, a réagi à chaud sur RTL-TVI à l'annonce d'une percée de la N-VA. "C'est dramatique mais c'était prévisible. Il s'agit de la conséquence logique des accords institutionnels", a-t-il commenté. Selon Maingain, on observe un transfert de voix du Vlaams Belang mais aussi du CD&V et de l'Open Vld vers la N-VA. "Si tout cela se confirme, c'est un grave échec pour (le Premier ministre) Elio Di Rupo"'.

"De Wever ne va pas dicter sa loi au fédéral"

De son côté, le président du cdH, Benoît Lutgen, qui s'est félicité dimanche de l'excellent score obtenu à Bastogne (la majorité absolue) et plus généralement par sa formation dans une série de villes moyennes, a rappelé, en commentant la victoire N-VA, qu'il s'agissait dimanche "d'abord d'un vote local". Bart De Wever "ne vas pas dicter sa loi" au fédéral, a-t-il souligné.

Le gouvernement fédéral doit poursuivre son travail et assurer la stabilité, a-t-il dit. Et si Bart De Wever devait devenir bourgmestre d'Anvers, il serait "contraint de mettre les mains dans le cambouis et sortir de sa posture politique", a commenté Lutgen.

Le président du MR, Charles Michel, a quant à lui dit attendre de voir quelles seront les éventuelles conséquences du succès de De Wever. Mais il faut que le gouvernement fédéral continue à travailler, a-t-il dit. "J'ai toujours plaidé pour que le gouvernement fédéral continue à assumer ses responsabilités conformément aux engagements pris", a-t-il dit, évoquant la nécessité d'adopter le budget et de décider de mesures de relance de l'économie.