LUXEMBOURG

Les fumeurs français se ruent au Luxembourg avant la hausse du prix du tabac

Les fumeurs français se ruent au Luxembourg avant la hausse du prix du tabac

Les Français parcourent parfois plusieurs centaines de kilomètres pour acheter leurs cigarettes.

AFP

Parcourant parfois plusieurs de centaines de kilomètres, les fumeurs français affluent depuis la fin de semaine chez les buralistes du Luxembourg, pour faire leurs provisions avant la hausse du prix du tabac en France de 6 %, prévue lundi.

«Ils viennent évidemment de Lorraine, d’Alsace, mais aussi de Champagne-Ardenne et de Franche-Comté : à chaque hausse du tabac en France, on a un gros rush», constate Lili, responsable du «Shop» de la station-service de Berchem.

«Mais cette fois-ci, c’est en fin de mois : on a l’impression qu’ils sont un peu moins nombreux, la paie n’est pas forcément tombée», nuance-t-elle.

Les bras chargés de cartouches, papier à rouler et tabac en pot, Linda est venue dès vendredi après-midi, avant le rush annoncé du week-end.

«J’essayais déjà d’acheter le moins possible de cigarettes en France, mais avec cette nouvelle hausse, je crois que je vais venir systématiquement ici», explique-t-elle.

Devant sa facture de 65 euros, la jeune femme fait le calcul : «J’en aurais eu pour plus de 100 euros de l’autre côté de la frontière!».

Au bout du comptoir, un écran géant rappelle d’ailleurs aux fumeurs les différences de prix, selon les marques : à titre d’exemple, le paquet de Marlboro (le plus vendu en France, 25 % du marché) coûte 4,40 euros au Luxembourg, contre 6,60 euros lundi prochain dans l’Hexagone.

Vers les Vosges

Sébastien, 33 ans, un Français qui vit au Luxembourg, a été missionné par sa famille dans les Vosges, à qui il rend visite ce week-end. «Moi je ne fume pas, mais j’en prends pour rendre service», explique le jeune homme, qui estime l’économie à «plus de 50 euros».

«Même ma petite amie, qui habite en France et qui milite pour faire marcher le commerce local, m’a demandé cette fois-ci d’en prendre : fumer devient un luxe», estime-t-il, en constatant que «sur certains tabacs, on passe carrément du simple au double du prix».

Dans une autre station frontalière, à Frisange, la vendeuse Jacqueline estime à «10 % de fréquentation de Français en plus à chaque fois qu’il y a une hausse des prix en France».

«Les gens viennent avec des listes! Ils téléphonent sur place, on entend “ Tu veux quoi, je te prends quoi? ” Et parfois ils viennent de très, très loin!», raconte-t-elle. Son collègue, Jorge, confirme : «On a clairement beaucoup plus de clientèle. Surtout des non-fumeurs!»

En 2011, le ministre des Finances luxembourgeois Luc Frieden indiquait que «le taux de cigarettes vendues aux non-résidents se situe entre 85 et 90 %», ce qui représente environ 400 millions d’euros de recettes pour le Grand-Duché.

Claire, une habitante de Nancy qui travaille à Bruxelles, est désormais décidée à poursuivre ses achats au Luxembourg : «Avant, je les achetais souvent en Belgique, rarement en France. Maintenant, je m’arrêterai ici : il y a presque 40 % de différence de prix, je ne vais pas me priver».