Aménagement du territoire

Lutgen prône le remembrement rural

Lutgen prône le remembrement rural

Dynamiser les villages, y créer de l’activité : c’est l’objectif du périmètre de remembrement rural du cdH.

ÉdA – 201130646718

Le président du cdH Benoît Lutgen propose un nouvel outil pour booster les villages : le périmètre de remembrement rural.

«C’est un vrai défi!» assure Benoît Lutgen. «On compte 40 % de communes rurales en Wallonie. Il faut y recréer de la vie et de la cohérence pour empêcher qu’elles ne deviennent des campagnes dortoirs», plaide-t-il.

Il propose un plan pour « revitaliser les cœurs des localités rurales » et éviter dans le même temps l’éparpillement de l’habitat. Voilà qui rappelle furieusement le projet de «noyaux d’habitat» porté par Écolo au sein du gouvernement wallon.

Mais le cdH n’apprécie pas la méthode soutenue par son partenaire Écolo (enfin, «partenaire», c’est un grand mot, vu l’ambiance qui règne en ce moment entre les deux partis…). «Au lieu de menacer les gens qui veulent s’installer en dehors d’un certain périmètre d’habitat, je préfère passer par un travail partagé, avec des communes directement à la manœuvre», tranche Benoît Lutgen.

Des espaces plus cohérents

Concrètement, le président du cdH propose d’une part de se servir d’un outil existant, le PCDR (plans communaux de développement rural, «un des plus beaux modèles de démocratie locale!»), de l’adapter et d’y ajouter un nouveau levier : le périmètre de remembrement rural, en parallèle au modèle existant du périmètre de remembrement urbain.

Il se fait que les plans de secteur, inchangés depuis 40 ans, prévoient un peu partout des zones à bâtir dans des zones peu propices à un développement harmonieux du bâti.

L’idée est donc de rassembler l’habitat dans les zones déjà bâties, tout en développant les zones rurales. Exemple : dans une zone déjà bâtie, bien située au cœur d’un village ou à proximité, un pré entre deux constructions pourrait être mis à profit pour créer du logement, du commerce, de l’artisanat ou du service (crèche, école, etc.).

Dans l’autre sens, un terrain situé dans une zone éloignée du centre bâti pourrait être affecté à une activité agricole. De cette manière, on évite que l’habitat s’étende en un long chewing-gum à l’extérieur des villages, au détriment d’une certaine vitalité dans le cœur des localités.

« Priorité : le lien social »

«Tout le monde y trouve son compte. Les propriétaires, puisqu’il y aurait un système de compensation, les habitants puisque c’est basé sur la participation et qu’ils y gagnent en qualité de vie et en cohésion sociale, et les autorités locales qui sont à l’initiative», résume Benoît Lutgen. «Cela demande une forte volonté de la part des communes. Mais l’axe de la participation, ça fonctionne bien!»

Le cdH propose que les localités soient soutenues dans cette démarche, via une intervention du Centre régional d’aide aux communes pour préfinancer les opérations.

Quelle est la différence avec le projet des «noyaux d’habitat»? «Nous, nous partons du “vivre ensemble”, du lien social et de la vie dans les villages. S’il y a des conséquences environnementales, on s’en réjouit. Mais ce n’est pas l’objectif premier. Et puis, ce n’est pas à coups de bâton qu’on fait avancer les choses», glisse Benoît Lutgen.