« Il faut avoir un solide caractère »

Une telle campagneest-elle nécessaire? Ressentent-elles parfois de la méfiance? L’avis d’Isabelle Simonis (PS) et Véronique Cornet (MR).

«Cette campagne, je la trouve assez drôle. Il faut dire que je défends tout ce qui vise le vote paritaire, s’enthousiasme Isabelle Simonis (PS), bourgmestre de Flémalle. Les femmes ont leur place dans la politique. Il s’agit de sensibiliser l’électorat mais aussi de donner envie à la gent féminine de s’impliquer dans la sphère politique.»

L’analyse est tout autre du côté de Véronique Cornet (MR), bourgmestre de Montigny-le-Tilleul. «Je ne suis pas demandeuse d’une telle campagne. Le vote doit reposer sur des critères objectifs. Aux femmes de s’assumer, de montrer ce qu’elles ont dans le ventre et de se distinguer par leur travail, leur présence sur le terrain et leurs compétences. Qualités qui ne sont pas une affaire de genre.» Dans sa commune, le collège est composé majoritairement de femmes (4 pour 3 hommes). Ceci explique peut-être cela.

« Au début, on subit des tentatives de déstabilisation »

Les «impératifs familiaux» ne font-ils pas fuir le «sexe faible» de la chose politique même celles qui seraient tentées de s’y investir? «Une femme ressentira peut-être davantage de culpabilité à laisser ses enfants seuls trois fois par semaine le soir, concède la mandataire socialiste. À la société de réagir, de faire en sorte que chacun – homme et femme – puisse combiner une vie privée et professionnelle épanouissante.»

De son côté, Véronique Cornet se veut rassurante. «Je suis maman. Alors oui, cela demande d’être organisée. Ce n’est pas non plus un choix facile. Mais les mentalités évoluent. Tant les femmes que les hommes sont pris par des considérations d’ordre domestique. Être une femme n’a toutefois jamais été un souci pour m’imposer. C’est une question de caractère avant tout.»

Et de caractère, il faut en avoir quand on décide d’épouser une carrière politique. La bourgmestre libérale reconnaît sans gêne qu’elle évolue dans un milieu qui était masculin à l’origine. «Au début, on subit des tentatives de déstabilisation», souffle-t-elle.

Avant d’épingler l’exemple de l’échevine des travaux de sa commune. «Pour interlocuteurs, elle n’a que des hommes. Qui, dans le genre, ne sont pas des gringalets (rires). Mais une fois qu’ils ont compris à qui ils avaient affaire et qu’ils se sont rendus compte de la qualité de son travail, ils n’ont plus rien trouvé à lui redire.»

Rien de tout ça dans le cas d’Isabelle Simonis : «Pour ma part, cela s’est directement bien passé». On la titille un peu. Elle précise avoir eu le sentiment d’avoir été attendue au tournant sur des thèmes connotés plus «masculins» comme la gestion et les finances. «Mais j’ai démontré que même dans ces matières-là, j’avais toutes les compétences requises», estime-t-elle.

« Annihilant pour la femme »

Interrogées sur la campagne «osée» menée par certaines candidates de l’Open VLD (voir ci-contre), les deux mandataires se montrent unanimes. «C’est méprisable, réducteur et annihilant pour la Femme, tempête la libérale. Un homme ferait ça, on le stigmatiserait. Même si je reconnais que pour gagner des suffrages, ça peut aider d’être jeune et beau.»

Son homologue de Flémalle renchérit : «Il ne faut pas se tromper. Si vous vous lancez dans la politique, c’est que vous avez des choses à dire. Mais ici, dans l’éventualité où Milka Malfait siège dans un conseil communal, elle en sera probablement réduite à son image de joueuse de tennis qui montre ses cuisses.»

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