De Groote et Malfait, cas atypiques

Certaines candidates de l’Open VLD n’hésitent pas à faire valoir leurs atouts. Une stratégie payante ? Pas forcément, selon Pierre Vercauteren.

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Il faut tout d’abord noter que la campagne soutenue par le Conseil des femmes francophones s’inscrit dans une tradition belgo-belge. S’il a fallu attendre 1948 pour que les femmes décrochent le droit de vote chez nous, la Belgique est l’un des premiers pays à avoir instauré un système de quotas mais aussi l’alternance des candidats hommes-femmes sur les listes (voir infographie – NDLR).

Pierre Vercauteren, vous êtes politologue à l’UCL Mons. Les électeurs sont-ils en règle générale plus méfiants envers les candidats de sexe féminin ?

Quant à l’impact qu’une telle campagne peut avoir sur le choix des électeurs, c’est difficile à évaluer. Au niveau du scrutin communal, c’est l’effet de proximité qui compte : est-ce que je connais le ou la candidat(e), qu’est-ce que j’en pense… Bref, ce qui est déterminant ici, c’est l’évaluation de la personnalité. Si je trouve la personne compétente, je vais lui donner ma voix.

En surjouant de leur féminité, des candidates telles que Milka Malfait et Pamela De Groote de l’Open VLD ne se tirent-elles pas une balle dans le pied ?

Tout dépend de l’électorat qu’elles ciblent. Imaginons que leurs affiches aient été collées dans une commune conservatrice comme celle de Neuilly en France, elles n’auraient aucune chance d’être élues. Mais il faut souligner que les cas tels que celui de Milka Malfait sont atypiques. Oui, certaines candidates vont mettre en exergue leur identité de femme. Mais elles n’insisteront pas sur leur esthétique corporelle. Elles vont plutôt souligner leur côté «travailleuse», leur sérieux..

Et du côté des hommes ?

Force est de constater qu’ils ne s’immiscent pas dans le registre de la séduction physique. Pour autant, cela ne signifie pas qu’aucun candidat ne joue sur son côté «jeune»… ou expérimenté s’il a un âge plus avancé.

M.B.

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