France

Un effort historique de rigueur budgétaire

Un effort historique de rigueur budgétaire

Un budget « de combat contre une dette qui ne cesse d’augmenter », martèle Jean-Marc Ayrault.

Associated Press/Reporters

La France n’échappe pas à l’effort de rigueur que s’impose l’Europe. L’essentiel de l’effort de plus de 36 milliards passe par les hausses d’impôts.

Les Français seront, eux aussi, soumis en 2013 à une cure de rigueur historique pour ramener le déficit public à 3 % du Produit Intérieur Brut (PIB), au prix d’un effort de 36,9 milliards d’euros dont 24 de hausses d’impôts, selon le projet de budget adopté vendredi par le gouvernement.

«C’est un budget de combat pour lutter contre une dette qui ne cesse d’augmenter», «pour la justice sociale», «pour la croissance et la préparation de l’avenir», a plaidé le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, après le Conseil des ministres.

Deux fois dix

Le projet prévoit 20 milliards d’euros de prélèvements supplémentaires (10 sur les ménages, 10 sur les entreprises), auxquels s’ajoutent 4,4 milliards déjà votés durant l’été, ainsi que 10 milliards d’économies sur les dépenses de l’État et 2,5 milliards sur les dépenses d’assurance-maladie.

Un tel effort sera inédit en période de croissance très faible et de chômage élevé (plus de 3 millions de sans emploi), et l’objectif réaffirmé vendredi par le gouvernement socialiste de réduire le déficit de 4,5 % cette année à 3 % l’an prochain est jugé intenable par de nombreux économistes.

Ce budget doit permettre d' «inverser la courbe de la dette», selon le ministre des Finances Pierre Moscovici. Selon les prévisions gouvernementales, la dette publique dépassera un nouveau record en 2013, s’établissant à 91,3 % du PIB (64,2 % en 2007). Sa charge restera encore le premier poste budgétaire de l' État, qui aura d’autant moins de marge de manœuvre en matière économique.

Une norme « réaliste »

Le budget 2013 a été bâti sur une hypothèse de croissance de 0,8 %, que M. Ayrault juge «réaliste» et «atteignable», malgré les doutes des économistes.

Il s’agit, selon le président François Hollande, de l’effort «le plus important depuis 30 ans». Ou depuis toujours, selon les économistes.

En tout, entre 2011 et 2013, les augmentations de prélèvements en France auront totalisé une soixantaine de milliards, chiffre toutefois en deçà des cures d’austérité en cours en Espagne ou en Italie.

Ces hausses vont toucher en priorité les ménages aisés et les grandes entreprises : selon le ministère des Finances, 4,1 millions de foyers français, parmi les plus aisés, devon payer plus d’impôts quand 8,5 millions en paieront moins.

Les revenus du capital seront désormais imposés sur le même barème que ceux du travail et l’impôt de solidarité sur la fortune sera relevé. Une taxe exceptionnelle à 75 % sur les plus riches (au-delà du million d’euros annuel) est créée pour deux ans.

L’État s’engage de son côté à faire un effort de 10 milliards d’euros sur ses dépenses, en gelant ses effectifs et en s’attaquant notamment aux excès des agences opératrices de l’État. Le texte prévoit la suppression de 12 298 postes dans les ministères non prioritaires, mais environ 11 000 postes seront créés dans l’Éducation, la Justice, et la Police.

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