COMMUNALES 2012

Les électeurs, tous machos?

Les électeurs, tous machos?

(Archive) Reporters

Le trouble de l’élection, c’est une méfiance injustifiée à l’égard des femmes politiques. Le Conseil des femmes francophones prescrit du viagra électoral.

Un chiffre qui parle: 9% des bourgmestres belges seulement sont des femmes. Et dans les Collèges communaux, elles ne sont que 30% d’échevines.

Certes du chemin a été fait depuis 1921 où les femmes avaient obtenu le droit de se faire élire à la Chambre ou d’exercer la fonction de bourgmestre ou d’échevin… avec l’accord de leur mari. Et le fait que, depuis 2006, la parité est obligatoire sur les listes électorales, est une avancée significative pour la place de la femme dans le débat politique.

Mais en terme de parité réelle dans l’exercice du pouvoir, on est encore loin du compte. Et ce à tous les niveaux de pouvoir.

Du Viagra électoral

Du coup, le Conseil des femmes francophones de Belgique (CFFB) a décidé, avant les communales, de lancer une campagne choc basée… sur les «troubles de l’élection» qui «dès l’âge de 18 ans, est une affection qui se traduit par une méfiance injustifiée à l’égard des femmes politiques».

Question : pourquoi, alors que les listes sont désormais paritaires, les femmes ont-elles toujours du mal à se faire élire? Pour Viviane Teitelbaum, présidente du CFFB, c’est surtout un problème historique et culturel.

«Les électeurs ont toujours tendance à faire confiance aux hommes, explique-t-elle. On a l’impression que l’homme est plus fait pour gérer, qu’il est plus à sa place. Ça provient du fait que les femmes n’ont obtenu le droit de vote qu’en 1948. Ce n’est pas naturel pour elles de faire confiance à des femmes.».

Et puis il y a la pression sociale.

«Ce n’est pas du désintérêt. Mais les femmes n’ont pas été habituées à prendre confiance en elles. Sans parler de la culpabilité qu’elles ressentent en faisant de la politique. C’est difficile pour elles de concilier vie de famille et vie politique. Elles n’ont pas été préparées à ça.»

La seule solution? L’éducation et la formation. Des formations en matière de confiance en soi ou de prise de parole en publics existent. Mais ça reste insuffisant.

«C’est quelque chose qui prend beaucoup de temps» déplore Viviane Teitelbaum. Qui se défend aussi, d’avoir fait de la campagne «troubles de l’élection» une stigmatisation des hommes qui seraient les principaux responsables des difficultés d’élection des femmes.

«Il y a aussi des femmes qui sont très viriles. Mais c’est vrai que, particulièrement pour les communales», les freins au vote pour les femmes sont plus souvent des hommes. Malgré tout, avec cette campagne nous appelons à voter AUSSI pour les femmes. Et à ne pas faire de distinction».