Le Beaujolais nouveau craint l’arrivée du « papy-boom »

Le Beaujolais nouveau craint l’arrivée du « papy-boom »

F11 Vigneron Audois au travail dans son chai, Aude, France Sunset / Reporters Reporters/Clausier Christian

Avec des volumes en fortes baisses, une qualité moyenne, la vendange 2012 dont le ban a été publié le 7 septembre, est mauvaise pour la plupart des vignerons du Beaujolais.

Si le bon temps du mois d’août a pu sauver une partie du raisin, la plupart des vignerons de toutes les AOC du Beaujolais accusent un gros déficit. Des producteurs annoncent 80  % de récolte manquante. Globalement, le chiffre de 50  % est annoncé. Certains auront donc du mal à remplir leurs cuves.

Ça tombe plutôt mal pour la profession qui a subi, en dix ans, cinq années déficitaires. Elle a le couteau sous la gorge. 2012 s’annonce déjà comme l’année des records de dépôts de bilan. Le Beaujolais sera durement touché.

Le futur est encore plus sombre. « On est à la veille d’un futur papy-boom, prévient François Roth, directeur adjoint des Vignerons du Beaujolais dont la moyenne d’âge de la profession dépasse la cinquantaine. Et cela ne s’arrangera pas. » La relève ne se pousse pas au portillon du vin nouveau. La faute à la crise. La faute à l’Europe qui veut libéraliser les droits de plantation. La France a dit heureusement non, comme la Bulgarie. «Si les gens n’en vivent plus, ça disparaîtra. Le vignoble n’existera plus dans 10 ans, si nous n’anticipons pas ce problème», ajoute encore le boss des vignerons du Beaujolais.

2012 n’est pas le millésime qui va encourager la reprise d’une production qui a connu ses heures de gloire dans les années 70 avec 580 000 hectolitres de vin vendus. Cette année, on arrivera à peine à la moitié. Le consommateur devra quand même patienter jusqu’au troisième jeudi de novembre, le 15, le rendez-vous immuable avec le Beaujolais nouveau, mais devra certainement le payer un peu plus cher. La faute à 2012…

P.J.