TENNIS

«Ah, si la tête avait suivi les jambes»

«Ah, si la tête avait suivi les jambes»

(Archive) Belga

Désormais jeune retraité, Kristof Vliegen, 30 ans, a marqué les débuts d’un Ethias Trophy qui entame son édition 2012.

Sans jamais avoir été réellement incontournable, Kristof Vliegen a néanmoins fait partie des meubles du tennis belge durant une décennie, mine de rien. Avant de s’éclipser sur la pointe des pieds, le corps meurtri, l’an dernier, après deux ans de galères physiques. Au sommet, «Fly» fut notamment top 30 mondial (octobre 2006), et entre autres résultats probants, il fut demi-finaliste (2 005 contre Malisse) et même finaliste (2 007 contre le Letton Gulbis) à l’Ethias Trophy dont l’édition 2 012 débute à Mons (qualifications ce week-end, début du tableau final, lundi). Souvenirs, souvenirs…

«J’ai un sentiment un peu paradoxal vis-à-vis de ce tournoi car si comme les autres joueurs belges, je me suis toujours réjoui de jouer en Belgique, j’y ai parfois été déçu du manque d’ambiance ou de soutien du public. J’entends encore des sifflets lors de matches moyens de notre part, c’est vrai, mais alors qu’on était en mode survie au sortir d’une Coupe Davis éreintante. Et dire que la Belgique mangeait son pain blanc : nous étions alors quatre ou cinq Belges dans le top 50! ».

Des rendez-vous manqués, Kristof Vliegen en a eu plus d’un dans sa carrière.

«C’est pourquoi quand je regarde dans le rétro – ce que je ne fais quasi jamais car je veux que les gens que je rencontre et côtoie aujourd’hui me jugent pour ce que je fais ou ce que je suis maintenant et pas pour mon passé –, je suis à la fois fier et frustré. J’ai fait une belle carrière je pense, j’ai battu de grands joueurs (mon meilleur souvenir reste ainsi ma victoire sur Marat Safin, mon idole, à Monaco en 2007, même si j’ai aussi battu au moins une fois pas mal de gars du top actuel, comme Djokovic, Nadal, Soderling, Ferrer ou Gasquet sur le Central de Roland Garros…), mais je n’ai pas toujours su bien gérer les choses. Et surtout pas en Grand Chelem (deux fois au 3e tour seulement en huit ans)! Famille, copine (surtout), presse : ma tête était trop hors des courts. Je m’inquiétais pour mes proches : comment vont-ils venir, ils ne parlent pas la langue, où va-t-on se retrouver etc... J’étais déjà à disjoncter avant que le tournoi n’ait commencé. En gros, mes hauts et mes bas correspondent à mes périodes de célibat ou pas. Professionnellement, j’étais bien entouré, mais dès que j’avais une copine, je n’en touchais plus une! Je me dispersais, j’essayais d’être dispo pour un peu de shopping au lieu de me reposer. Ma mère me le répétait toujours quand je lui présentais une amie : Allez, ta carrière va à nouveau en souffrir… J’aurais dû rester tout le temps célibataire. Facile à dire… Sans parler des voyages que je n’appréciais pas plus que ça. Je n’ai été loin que quand c’était obligatoire vu mon ranking. Amérique du sud, Asie : je n’y ai jamais mis un pied. J’ai toujours été très casanier. J’avais besoin de souvent rentrer chez moi. ».

Outre l’impression d’avoir vécu un peu dans l’ombre des filles – «c’est clair que quelques performances masculines en 1/8e ou 1/4 ici et là sont passées inaperçues car Kim ou Justine soulevaient un trophée ailleurs» –, Kristof Vliegen garde aussi un petit goût amer en bouche à propos de sa fin carrière.

«Car mes pépins physiques (maladie rhumatismale en 2009, blessures,…) m’ont obligé à raccrocher au moment où ma tête semblait enfin prête. Avant cela, je n’avais pas la maturité nécessaire. Mes meilleures années auraient dû être celles-ci. Tennistiquement, j’étais prêt à 24/25 ans mais pas mentalement. Ah, si j’avais pu disposer de la tête et des jambes en même temps,…».
 

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