ANDERLECHT

«Relativiser, c’est pour les perdants»

«Relativiser, c’est pour les perdants»

Reporters

Olivier Deschacht (31 ans) fêtera son 294e match de championnat, ce samedi, contre Lokeren. Rencontre.

Deux ans de frustrations

Gravement blessé à la cheville en octobre 2010 contre Westerlo, Olivier Deschacht (31 ans) a galéré durant deux saisons pour retrouver une place de titulaire. À nouveau incontournable, l’ex-capitaine des Mauves inspire le respect avec, entre autres, 5 titres de champion de Belgique et 69 matches européens au compteur juste derrière Filip De Wilde (80) et Bertrand Crasson (78), les deux leaders anderlechtois en la matière. «Je sors de deux années terriblement frustrantes, avoue-t-il. Connaître, à 29 ans, son premier gros pépin physique et sa première opération, ce n’est déjà pas évident à gérer. Et quand, au terme de six mois de rééducation, vous connaissez une rechute, les doutes vous envahissent. Une deuxième opération m’a heureusement libéré durant l’été 2011. Une fois rétabli, j’avais beau me défoncer à l’entraînement, Ariël Jacobs ne me faisait plus confiance. Après son opération, Lucas Biglia a eu deux mois pour retrouver ses sensations. Moi, on me jugeait après un match alors que je revenais de dix mois de rééducation. Les critiques et les sifflets du public m’ont assailli. C’était très difficile à vivre mais je n’oublie pas non plus que les supporters m’avaient soutenu jusque-là pendant dix ans de manière inconditionnelle.»

Le brassard de capitaine et Ariël Jacobs

«Cinq minutes avant le coup d’envoi du match contre Courtrai (NDLR : le 11 septembre 2011), à l’occasion duquel j’effectuais mon retour dans l’équipe, le teammanager José Garcia est venu me prévenir que Lucas Biglia restait capitaine. Après quatre saisons au cours desquelles j’avais fait honneur à mon brassard, j’aurais préféré un bon entretien avec Ariël Jacobs. Mais bon, c’était sa manière de travailler et il faut la respecter. Jacobs était un excellent entraîneur. Ses choix étaient les bons puisqu’on a été deux fois champions sous ses ordres. »

John van den Brom et le renouveau

«Le courant est tout de suite bien passé avec le Néerlandais. Mais ma place, c’est sur le terrain que je l’ai gagnée. L’arrivée de John van den Brom a été un soulagement pour énormément de joueurs, pas uniquement pour moi. Après avoir perdu pratiquement deux saisons, je vis chaque match comme si c’était mon dernier. Aujourd’hui, je connais mon bonheur mais cela ne m’empêche pas de vivre toujours à 100 % pour mon métier. Ma compagne (Annelien Coorevits, ex-Miss Belgique) et ma fille sont évidemment extrêmement importantes à mes yeux. Mais le football l’est tout autant, ça reste ma vie. Relativiser, ce n’est pas pour moi, c’est pour les losers! Ceux qui disent qu’il y a plus important que le football dès que ça tourne moins bien, ce sont des perdants.»

Son avenir

«Mon avenir? Tout dépendra de l’état de ma cheville qui n’a désormais plus de cartilage. Jusqu’ici, des exercices quotidiens me permettent d’être au top. J’ai un contrat jusque juin 2015 à Anderlecht. J’aurai alors 34 ans et près de 15 ans en équipe première du Sporting (NDLR : il y a résisté à 8 backs gauches : Hendrikx, Zewlakow, Diogo, Triguinho, Ehret, Van Damme, Lecjaks et Safari). J’en suis fier. J’étais sur les tablettes de l’Espanyol Barcelone voici quelques années, mais je n’éprouve aucun regret de ne pas avoir évolué à l’étranger. Je peux affirmer à 99 % que je terminerai ma carrière au Sporting. J’ai reçu quelques belles offres de clubs belges de D1 la saison dernière et j’avoue que j’ai hésité étant donné ma situation de réserviste à l’époque. Mais il n’y a rien de plus beau qu’Anderlecht.»

Sa personnalité controversée

Cela n’a pas toujours été le grand amour entre Deschacht, ses entraîneurs, sa direction et les supporters. «Je n’ai pas un caractère facile. Je ne suis pas un béni-oui-oui. Mais, à Anderlecht, où le degré d’exigence est énorme, tu ne peux pas être trop gentil. Seules les fortes personnalités résistent à la pression et réussissent au parc Astrid. Les autres ne font que passer. Je dis toujours ce que je pense. Parfois, ça dérange. Beaucoup me reprochent d’être arrogant mais ceux qui me connaissent savent que je ne suis pas hautain. Comme footballeur, j’ai le désavantage d’être Belge. En tant que Belge, il faut toujours prouver deux fois plus que les autres à Anderlecht. Ma force de caractère m’a permis de revenir dans le coup alors que presque tout le monde m’avait oublié. Mais réduire mes qualités à ma mentalité n’est pas correct. Chaque équipe du top a besoin de joueurs comme moi. Ce n’est pas avec dix Boussoufa ou dix Jovanovic qu’on gagne un championnat.»

La Ligue des champions

«Nous ne devons pas croire que c’est arrivé. On visera la victoire mercredi prochain contre Malaga, mais ce serait un exploit. Cela dit, je suis optimiste car l’équipe actuelle est beaucoup plus expérimentée. Cette saison, on n’est plus en Ligue des champions pour écouter l’hymne, pour prendre des photos des stades ou pour échanger nos maillots avec des stars. À Milan, on a été parfait tactiquement.»

Le championnat

En huit matches de championnat, Anderlecht n’a gagné qu’une fois par plus d’un but d’écart. C’était au Cercle de Bruges, la lanterne rouge. « La saison passée, Matias Suarez transformait une demi-occasion en but. Il nous manque. Mais De Sutter, Bruno et Mbokani font du bon travail tandis que Cyriac et Vargas vont revenir. »
 

Pro League

Classement
# MJ V D N B P
1 FC Bruges 22 15 4 3 45/14 48
2 KRC Genk 22 11 5 6 44/28 39
3 Antwerp 23 11 8 4 36/32 37
4 Anderlecht 23 9 5 9 33/25 36
5 Ostende 23 10 8 5 33/29 35
6 OH Louvain 22 10 7 5 39/36 35
7 Standard 22 9 6 7 30/22 34
8 Charleroi 22 10 9 3 32/29 33
9 Zulte-Waregem 22 9 10 3 34/38 30
10 Beerschot 22 9 10 3 42/48 30
11 Eupen 23 7 7 9 29/37 30
12 FC Malines 23 8 10 5 35/40 29
13 Courtrai 23 8 10 5 28/34 29
14 La Gantoise 22 8 11 3 30/30 27
15 St-Trond 23 7 11 5 29/36 26
16 Mouscron 23 6 11 6 21/32 24
17 Cercle Bruges 23 7 15 1 29/39 22
18 Waasland-B. 23 5 12 6 28/48 21