Ses victoires :«Évidemment, il y a eu ce 4-6, 6-4, 3-6, 6-3, 6-4 contre Lleyton Hewitt en Coupe Davis au Country Hall de Liège en février 2007. Un grand moment car c’était sa 1re défaite en cinq sets et cela restera ma seule victoire en cinq sets. Mais j’ai encore plus savouré mon succès contre Safin à Monte-Carlo 2007, car je ne sais toujours pas comment j’ai fait contre cette «montagne». J’ai aussi en mémoire cette victoire du petit Belge inconnu seul contre James Blake et ses 10 000 supporters à Memphis en 2006. Un grand moment pour moi, mais évidemment, il n’y avait ni presse belge ni direct télé».

Ses défaites :«Régulièrement mal dans ma peau, j’ai souvent perdu contre moi-même… Là où affronter un adversaire était déjà assez dur, j’affrontais aussi l’arbitre, les juges de lignes, les ramasseurs de balles, ma raquette. Je courais ainsi à ma propre perte. La compétition me stressait, je manquais de confiance en moi Aujourd’hui, je suis zen avec moi-même. Et la compétition ne me manque vraiment pas. Surtout quand je repense à ma pire défaite : 6-1, 6-2, 6-1 contre Federer en 1h14 à peine au 1er tour de Roland Garros 2004. C’était mon premier tableau final de Grand Chelem, le pire tirage : j’étais tétanisé. Je n’avais qu’une envie : sauver l’honneur dans chaque set et me casser au plus vite… Heureusement, cela m’a aussi pas mal appris. Avec le temps et les matches, j’ai grandi. Je finis 2006 N.30 mondial, mais à quatre balles de matches près, j’étais N.17! Hélas je les ai ratées et j’ai perdu les quatre matches concernés».

Sa fin de carrière : «J’ai donc raccroché forcé. Avec un manque car enfin mature, j’aurais pu avoir une belle fin de carrière plus belle encore que mes débuts… Je me sentais d’ailleurs de mieux en mieux dans le monde du tennis. Je ne m’en cache pas : j’ai longtemps subi les événements. Il faut dire que croiser au quotidien les Federer, Nadal & Cie, s’entraîner avec eux, les affronter etc, après les avoir longtemps admirés à la télé, ça marque. Je devais parfois me pincer pour réaliser. J’étais comme dans un film».

Sa reconversion : «Sollicité pour coacher des jeunes (Alexandre Folie,…) dès que j’ai raccroché, j’ai plongé immédiatement sur l’occase, sans vraiment prendre le recul nécessaire pour voir ce dont j’avais vraiment envie. Je ne regrette rien, mais je me rends compte aujourd’hui que j’étais plus motivé qu’eux. D’où mon passage à autre chose (événementiel, bar à vins,). Le milieu ne me manque pas. Et le présent confirme ce que je pensais : c’est un fameux panier de crabes où il n’y a guère d’amitié. Il suffit de voir le peu de contacts que j’ai encore avec ceux que j’ai côtoyés».

Ar.B.