BIRMANIE

Birmanie : première commémoration de la révolte Safran de 2007

La cérémonie s’est déroulée dans un monastère de la banlieue de Rangoun.

AFP

Une centaine de personnes, dont de nombreux moines bouddhistes, se sont rassemblés ce mardi à Rangoun pour commémorer pour la première fois la «révolte Safran» de 2007 dont la répression avait fait des dizaines de morts.

«Ces dernières années, nous n’avons pas pu organiser une telle cérémonie parce que nous étions en prison. Mais nous avions prié pour eux», a indiqué Dammha, un moine qui a passé plus de quatre ans en détention.

La cérémonie, dans un monastère de la banlieue de Rangoun, était organisée par des religieux emprisonnés pour leur participation aux manifestations de septembre 2007, qui avaient attiré jusqu’à 100.000 personnes dans les rues l’ancienne capitale.

Cette «révolte Safran», emmenée par des bonzes qui protestaient contre la junte alors au pouvoir et contre la vie chère après une brusque hausse des prix, avait constitué le plus sérieux défi aux généraux depuis le soulèvement populaire de 1988. Les deux mouvements avaient été violemment réprimés.

Depuis, la junte s’est autodissoute et a transmis ses pouvoirs en mars 2011 à un gouvernement «civil» d’anciens généraux qui a multiplié les réformes.

«Nous n’avons pas encore obtenu tout ce que nous avions demandé», a toutefois commenté lors de la cérémonie Sandar Thiri, un des organisateurs. «Nous devons garder l’esprit de la révolte Safran».

Un leader du soulèvement de 1988 présent à ce rassemblement a de son côté salué le rôle joué par les moines. Ils «ont pris leurs responsabilités quand cela était cruellement nécessaire pour la transition de la société», a souligné Ko Ko Gyi, libéré de prison en début d’année.

Aucune commémoration de la révolte Safran n’avait été organisée sous le régime militaire. L’an dernier, quelques mois après la prise de fonction du nouveau gouvernement, quelque 200 personnes avaient prévu de défiler dans Rangoun à cette occasion, mais ils avaient renoncé à leur projet à la demande de la police.