Les violences se propagent dans le monde musulman

Film anti-islam Des manifestations anti-américaines violentes liées à la diffusion d’un film injurieux à l’égard du prophète Mahomet ont gagné lundi l’Indonésie et l’Afghanistan et fait deux morts au Pakistan, alors que le chef du Hezbollah libanais a appelé à une semaine de protestations. Hassan Nasrallah a fait une rare apparition en public lundi devant des dizaines de milliers de partisans dans la banlieue sud de Beyrouth. Il s’agit de la cinquième apparition en public du dirigeant de cette puissante formation islamiste armée qui vit caché depuis la fin de la guerre de l’été 2006 entre Israël et le Hezbollah, et son premier discours en public depuis 2008.

«Amérique, grand Satan, Israël, ennemi des musulmans», ont scandé les hommes, femmes et enfants dans les rues de Rweiss, un quartier de la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah. «Amérique, mère du terrorisme», ont-ils scandé encore, les poings en l’air, ou «le peuple musulman se sacrifie pour son Prophète».

L’Afghanistan, en proie à l’insurrection talibane, et l’Indonésie, pays musulman le plus peuplé de la planète, ont connu lundi leurs premières violences depuis le début de «l’affaire du film anti-islam».

À Kaboul, des hommes armés se trouvant parmi les manifestants ont ouvert le feu pendant une manifestation. La police a décidé de ne pas riposter pour ne pas exciter davantage les protestataires, a assuré le chef de la police Mohammad Ayoub Salangi, sur qui on a tiré «trois fois». «Je suis chanceux», a-t-il observé.

À Jakarta, en Indonésie, les manifestants, dont de nombreux sympathisants de groupes extrémistes, ont lancé des cocktails Molotov et hurlé des slogans anti-américains, alors que la police répondait avec des canons à eau et des tirs de sommation pour disperser quelque 700 personnes.