FOOTBALL

Roger Vanden Stock : « Ce n’est plus le grand Milan »

Roger Vanden Stock : « Ce n’est plus le grand Milan »

Roger Vanden Stock voit son Sporting plus qu'il y a six ans. Belga

Le président anderlechtois est arrivé confiant en Italie. Malgré le nul au Lierse et, surtout, malgré le nom de l’adversaire.

Roger Vanden Stock : cette fois, cela y est, vous retrouvez la Champions League après six années de disette ?

Oui. Enfin ! Oubliés les épisodes malheureux comme celui du Partizan Belgrade. Pour bien faire, et pour ses finances, le Sporting doit être en moyenne tous les trois ans en Champions League.

Être en phase de poules, c’est une chose. Mais avec quelles ambitions ?

On a toujours quelque chose à gagner quand on prend part à une compétition. On ne peut pas se contenter de seulement prendre un, voire trois points. La troisième place (NDLR : offrant un billet pour les 1/16es d’Europa League) est accessible. Et pourquoi pas la deuxième, après tout ?

Vous étiez en tout cas très confiant après le tirage au sort… Une confiance accrue depuis ?

Non, il ne faut pas exagérer. L’AC Milan n’est plus ce qu’il était, mais cela reste Milan. Disons que la vraie tête de série de notre poule est le Zenit. Je le dis depuis le début, et ce club s’est encore renforcé par la suite. (Pensif) 90 millions pour Hulk et Witsel… Incroyable !

Et Malaga ?

On nous annonçait ce club au bord de la faillite, et lui aussi a finalement encore acquis des joueurs (NDLR : comme Saviola) alors que sa prime de qualification a été suspendue. En tout cas, les Espagnols font un sacré début de saison, ce qui n’est pas le cas de tout le monde en Espagne.

Vous êtes confiant, au moment de vous rendre à San Siro ?

J’ai le sentiment, en tout cas, que c’est le bon moment pour aller défier l’AC. J’ai vu les images de sa défaite face à Bergame, samedi passé. Ce n’est pas très bon. Pas bon du tout, même. Milan a perdu ses deux premiers matches de championnat à domicile, il doit y avoir des doutes de son côté.

La dernière fois qu’Anderlecht a rendu visite à l’AC Milan, en 2006/07, lors de votre dernière participation à la C1, il est reparti avec une grosse défaite 4-1 dans ses valises. Est-ce si différent aujourd’hui ?

Oui, définitivement oui ! Lors de ce match, Kakà nous avait planté trois buts. Il n’est plus là. Toutes les vedettes de l’AC sont parties et ont été remplacées par des vedettes… que peu de gens connaissent (sic !). Milan n’est plus aussi fort qu’à l’époque.

Et l’Anderlecht actuel est-il meilleur que celui qui n’avait pas eu voix au chapitre voici six ans ?

Sans doute, oui. Mais ne me demandez pas qui jouais pour nous à l’époque…

C’était la période de Hassan et Boussoufa…

Oui, nous sommes plus forts à l’heure actuelle. Sans conteste !

Vous tablez sur le fait que Milan loupe ses débuts dans le Calcio, mais Anderlecht vient également de prendre trois sur neuf… C’est tout aussi inquiétant, non ?

Tout d’abord, et c’est valable pour Milan comme pour nous, on sait qu’un match de Champions League et un match de championnat, ce n’est pas la même chose. Et que tous les clubs, ou presque, d’Europe, ont l’habitude de ne pas livrer une grande prestation le week-end qui précède un match européen. On le voit ne fût-ce qu’en Belgique, puisque ni nous ni Bruges ni Genk n’ont bien joué. Aucun n’a gagné lors de la dernière journée.

Ce nul au Lierse ne vous inquiète pas, alors ?

Écoutez, c’est vrai qu’en ce début de saison, l’équipe laisse tomber quelques points. Faut-il s’en faire quand on sait que le vrai championnat ne commence qu’aux play-off ? Le plus gênant à mon sens, c’est cette incapacité momentanée à ne pas garder le zéro derrière. Nous encaissons vraiment de bêtes buts. Pour le reste, si nous avions mis ce second but au Lierse comme cela aurait dû être le cas, le match aurait été plié. Et on n’en parlerait plus.

Sur la scène européenne, votre équipe doit solidement s’améliorer sur le plan du réalisme offensif et défensif ?

Il ne faut pas oublier que de notre côté, ce ne sera pas les mêmes joueurs à San Siro qu’au Lierse. Surtout devant, hein !

Là, vous faites référence à Mbokani, bien sûr ?

Oui. Dieu est de retour ! Et cela fait une énorme différence. Au niveau européen, c’est un joueur qui peut faire la décision pour nous.

Un seul joueur, n’est-ce pas un peu court ?

Il y a la pression de la Champions League. Tout le monde veut bien faire et se montrer dans une telle compétition. Tous les joueurs sont très concentrés. Plus qu’en championnat, probablement.

Visez-vous carrément la victoire ?

Malgré tous ces signes encourageants, il faut se dire aussi que pour Anderlecht, un match nul à San Siro… équivaudrait à une victoire !