La donne est sociologique : le carnaval est ce jour béni et sacré où le peuple à la parole. Où tout est permis, où chaque parole est à dire, où l’on peut se lâcher. Le port du masque sert à ce grimage intrinsèque qui fait que tout citoyen, quel que soit son rang, devient oracle dans la cité. Commentateur. Critique.

Dans ce sens, l’inébranlable Albert Roulive est un peu le monsieur carnaval des Fiesses. Son costume est son masque. Son impertinence, avec plus ou moins de légèreté, est son droit. Son public est fidèle. en une bonne heure de vacheries et impertinences, Roulive l’a promis et le fait : il brocarde la classe politique (les «Politicos», comme il dit, «tous à mettre dans le même sacho».) À force de blagues (parfois recyclées), de calembours et de mises en situation, ils seront nombreux à en prendre pour leur grade. C’est ce que les spectateurs attendent, ce que Roulive donne. « Tout ce qui va être dit ici, c’est pour rire mais c’est quand même sérieux. Tu comprends la démarche… ? »

Étienne Allard, président du CHR, croise devant la cathédrale une Namuroise qui le supplie : «Je n’ai plus rien mangé depuis quatre jours. » Et le mandataire MR de répondre : «Quelle volonté vous avez ».

Place à Écolo. Arnaud Gavroy, en 4X4 à la citadelle, croise la même qui lui dit avoir faim. L’échevin de regarder sa montre et de répondre : «c’est normal, il est midi, moi aussi…»

Les Verts en prennent plein leur grade. Namur est une zone où les voiries sont mauvaises. Des trous. Champ de golf? Roulive ose : Patricia Grandchamps de golf. On apprécie ou pas.

Et un petit coup de crosse aussi au nouveau menteur, alias Christophe Bourdon, un des rares qui a passé le concours de la Royale Moncrabeau en disant sa menterie, sans un seul mot de wallon. Tout fout le camp. Où wallon-nous?