CHINE

Manifestation chinoise contre « les chiens de Japonais »

Manifestation chinoise contre « les chiens de Japonais »

La Chine et le Japon se disputent un archipel inhabité en mer de Chine orientale.

AFP

Tokyo et Pékin se disputent des îles inhabitées. Une vague de manifestations anti-japonaises est attendue aujourd’hui en Chine.

La décision, la semaine dernière, du gouvernement japonais de nationaliser les îles Diaoyu/Senkaku, un archipel inhabité en mer de Chine orientale revendiqué par Pékin et Tokyo qui les appelle Senkaku, a mis le feu aux poudres côté chinois. La Chine se prépare à une nouvelle série de manifestations anti-japonaises ce mardi à travers le pays, poussant les feux d’un «patriotisme» virulent sur ces îles et suscitant l’inquiétude de Washington.

Dans la foulée des manifestations de ce week-end, qui ont réuni plusieurs dizaines de milliers de Chinois, parfois émaillées d’incidents violents, les rassemblements attendus aujourd’hui coïncideront avec la date-anniversaire de «l’incident de Moukden» qui, le 18 septembre 1931, avait fourni le prétexte à l’invasion de la Mandchourie par le Japon.

Lundi, l’ambassade nippone à Pékin était protégée par plusieurs centaines de policiers en tenue anti-émeute, comme pour répondre aux appels la veille du Premier ministre japonais Yoshihiko Noda demandant à la Chine d’assurer la sécurité de ses ressortissants et de ses intérêts économiques.

Seuls quelques dizaines de manifestants étaient regroupés sur place, devant plusieurs centaines de badauds, tandis que des policiers assuraient à l’AFP que «demain, ça sera beaucoup plus important, à cause de l’anniversaire» de l’incident de Moukden.

Appel à un « bain de sang » à Tokyo

Entre des porteurs de pancartes invectivant les «chiens de Japonais», nombre de manifestants du week-end arboraient des portraits de Mao Tsé-toung (1893-1976) et juraient que, de son temps, la Chine serait déjà entrée en guerre pour reprendre les îles Diaoyu.

Pékin a envoyé plusieurs navires patrouiller pendant quelques heures sur les lieux pour marquer le coup.

Maladie chronique des relations entre Pékin et Tokyo, les «coups de fièvre» anti-japonais donnent lieu en Chine à des mobilisations populaires canalisées par le pouvoir communiste, ponctuées de slogans volontiers haineux qui peuvent dégénérer en violences de rue.

Six Japonais ont ainsi été pris à partie dans les rues de Shanghai la semaine dernière. Nombre de chauffeurs de taxis chinois assurent qu’ils ne prendront «plus jamais» de clients nippons. Et à Shenzhen (sud), la foule a appelé dimanche à un «bain de sang» à Tokyo, quand d’autres pancartes appelaient à «vitrifier» la capitale japonaise, selon des témoins.

La crainte d’un conflit

«Les manifestations anti-japonaises se propagent à une échelle jamais vue. Certaines se sont transformées en émeutes», a relevé lundi le ministre japonais des Affaires étrangères, après sa rencontre avec le secrétaire américain à la Défense Leon Panetta. Ce dernier est arrivé lundi soir à Pékin, en provenance de Tokyo d’où il a appelé «toutes les parties au calme et à la retenue». La veille, le responsable américain s’était dit «préoccupé» de voir «des pays engagés dans des provocations diverses» qui pourraient «déboucher sur des violences et au bout du compte un conflit».

Lundi, des sociétés nippones comme le géant de la photographie Canon ou Panasonic ont suspendu temporairement l’activité de certaines de leurs usines en Chine.

La Chine est le premier partenaire commercial du Japon. Mais pour la Chine, le Japon ne vient qu’après l’Union européenne et les États-Unis, en terme de volume des échanges commerciaux. La presse d’État chinoise a brandi lundi la menace de sanctions commerciales contre le Japon.