Flamanturgie

Catherine Ernens, journaliste L'Avenir EDA

Il reste quatre semaines. La cartographie est dessinée. La dramaturgie commence.

La N-VA place ses candidats dans 97 % des communes flamandes. Le CD&V fait à peine mieux, en se présentant dans trois communes de plus que les nationalistes. L’angoisse monte.

L’Open-VLD serre les fesses, le CD&V se pince pour vérifier qu’il ne cauchemarde pas, le sp.a serre les coudes en jouant la carte d’un sang-froid relatif.

On sent des ondes de panique se propager par flots de plus en plus nourris qui parviennent jusqu’au niveau fédéral. Les partis de droite traditionnels en Flandre (pensez CD&V et Open-VLD) sont dans un état de nervosité dramatique. Wouter Beke et Alexander De Croo suent des gouttes. Et ils peuvent surtout compter, dans leurs rangs, sur des donneurs de leçons (le commissaire européen Karel De Gucht et son «vous êtes trop braves avec la N-VA mais je ne reviendrai pas vous aider en politique belge» de ce week-end) ou des paniqués (le ministre Steven Vanackere qui annonce des discussions stressantes avec l’Europe sur nos efforts budgétaires).

Pour la sérénité de tout ce petit monde qui court les marchés et les boîtes aux lettres, le gouvernement fédéral tente de remiser toutes les haches de guerre. Pas question d’ouvrir le feu avec des discussions budgétaires (mais tous les politiques n’arrêtent pas d’en causer avec force de grandes déclarations). Pas question de réaliser maintenant la suite de la réforme de l’État (mais la Flandre n’arrête pas de geindre que ça n’avance pas).

1. Seul le résultat de l’élection comptera. Et on a vu des prévisions se retourner en une semaine à la veille du vote, comme aux Pays-Bas.

2. Le résultat des élections n’aura techniquement aucune incidence sur le fédéral. La majorité fédérale ne bougera pas d’un iota. Sauf folie d’un parti, toujours possible, façon Alexander De Croo en 2010.

3. La N-VA peut danser sur sa tête, si elle ne se trouve pas de partenaires pour faire des coalitions locales, elle risque fort de rester sur le bord de la piste.

4. Avec ça, et pour achever de se rassurer contre la dramaturgie ambiante, on compte, dit-on rue de la Loi, sur la capacité de résilience des huit partis pour continuer le voyage après les élections.

Que le spectacle commence.