AGRICULTURE

Agriculteurs wallons : « De plus en plus livrés à nous-mêmes »

Agriculteurs wallons : « De plus en plus livrés à nous-mêmes »

En France, les producteurs de céréales ont créé un fonds pour soutenir les éleveurs.

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Le cas des éleveurs wallons n’est pas isolé. C’est dans toute l’Europe que l’agriculture d’élevage trinque. En France, fin août, l’Union des associations des céréaliers a décidé de faire un geste pour soulager ce secteur : les céréaliers vont créer un fonds structurel de solidarité en faveur des éleveurs. Un geste qui n’est pas totalement désintéressé : les éleveurs sont évidemment aussi de gros clients des céréaliers.

Alimenté par une cotisation volontaire des producteurs de céréales, ce fonds devrait être doté de 100 millions d’euros. Une manne qui doit permettre aux éleveurs d’amortir le choc des prix cassés (lait et viande) mais aussi de rendre compétitivité et rentabilité aux éleveurs.

Le fonds pourrait ainsi soutenir des projets alternatifs (biométhanisation, photovoltaïque…) qui offriraient une nouvelle source de revenus.

En Wallonie, on lorgne évidemment avec intérêt l’initiative des céréaliers français.

Quand l’agriculteur aide… l’agriculteur

À la fédération wallonne de l’agriculture (FWA), une amorce de débat en ce sens a déjà eu lieu. «Dans le cadre de la réforme de la PAC, un rééquilibrage des aides est discuté, dit Yvan Hayez, secrétaire général du syndicat agricole wallon. Et il est clair que le contexte actuel est plus défavorable pour l’élevage que pour les producteurs de céréales. »

Les situations française et wallonne sont évidemment différentes : l’échelle de production est sans commune mesure et, en Wallonie, il n’existe pas de fédération des céréaliers. Chez nous, c’est donc au sein du syndicat généraliste que les différents acteurs du monde agricole devront trouver une solution.

Parce que le monde politique n’est pas capable d’en apporter une? «Très clairement, oui!, note Yvan Hayez. Que ce soit à l’Europe jusqu’aux niveaux de pouvoirs régionaux, il y a un désengagement de plus en plus fort du politique dans la gestion des problématiques agricoles. Nous sommes de plus en plus livrés à nous-mêmes.»