ENVIRONNEMENT

L’emballage plastique reste le hic

L’emballage plastique reste le hic

95 % des ménages belges trient leurs déchets. Reporters (Illustration)

La quantité d’emballages mis sur le marché continue d’augmenter chaque année. Et seul 41 % du plastique est recyclé.

Les dernières statistiques le montrent : les tonnes d’emballages que nous produisons continuent d’augmenter. Nous avons généré 43 679 tonnes de déchets d’emballage (ménagers et industriels) en plus en 2010 par rapport à 2009. En une décennie, la production de déchets belge côté emballages a même augmenté de 189 664 tonnes. Sommes-nous si mauvais sur les emballages?

95 % des ménages trient

Fost-Plus, qui s’occupe des collectes sélectives, du tri et du recyclage des déchets d’emballages ménagers en Belgique, avance deux arguments pour expliquer cette augmentation. Tout d’abord, la population continue d’augmenter, donc les emballages aussi. Ensuite, cette augmentation d’environ 1 % chaque année est largement en dessous de l’augmentation du PIB qui est de 4 %. «Il y a donc un découplage entre la production de richesse et la production d’emballages », analyse Youri Sloutzky, porte-parole de Fost Plus. Et de souligner les efforts énormes réalisés ces dernières années par les industries pour limiter le nombre d’emballages.

95 % des ménages belges trient désormais leurs déchets. Les 5 % de réfractaires recouvrent grosso modo deux types de publics. Une population très aisée qui se moque bien du coût des sacs payants. Et des personnes très défavorisés. Nos habitudes ont donc très bien évolué? En cinq ans, 80 % des sacs de caisse sont payants et réutilisables.

Les pots de yaourt ne vont pas dans le sac PMC

Dès lors, à présent, Fost-Plus travaille surtout sur la qualité de notre tri. Nous commettons encore régulièrement des erreurs. Exemples? Jeter des magazines sans retirer le film plastique qui les entoure. Balancer dans les bulles à verre des ampoules, des plats en pyrex, des céramiques. Gonfler nos sacs à PMC avec des pots de yaourt ou des barquettes qui ne peuvent pas y être. Et globalement, mettre au tri des déchets trop souillés. Le flux des déchets passe encore le plus souvent entre les mains d’ouvriers. Et sinon trop de salissure peut bloquer la machine.

Au-delà, comment limiter les tonnes d’emballages produits? Curieusement, c’est d’abord en luttant contre le gaspillage alimentaire tout court. «L’impact environnemental est attribuable à 10 % à l’emballage et 90 % au gaspillage », affirme Youri Sloutzky. La mode de l’emballage proportionnable n’est à ce titre pas forcément mauvaise si c’est pour consommer réellement le produit. Et certains types d’emballage (de la viande sous vide) permettent d’allonger la conservation du produit, donc d’augmenter les chances de consommation réelle.

Côté tri, on voit que le verre, les métaux et les papiers atteignent à présent des records de recyclage. Mais pas le plastique. Pourquoi? Il existe près de vingt variétés de plastiques. Aujourd’hui, seuls les bouteilles et flacons sont recyclés. Il reste donc un énorme défi pour trouver des solutions de recyclage pour 60 % des emballages plastiques.

Et chez Fost plus, on a décidé de s’attaquer à tous ces emballages que nous balançons sans les trier lorsque nous sommes hors de chez nous. L’objectif est que, dans les années à venir, il n’y ait plus une seule poubelle publique, dans les écoles, les entreprises, qui ne permette pas le tri.