AGRICULTURE

Quelles sont les priorités du code « Agriculture » wallon ?

Quelles sont les priorités du code « Agriculture » wallon ?

Selon Carlo Di Antonio, le futur Code agricole wallon, encore en évolution, doit être un texte fédérateur.

Belga

À l’occasion du passage de la Good Food March à Namur, Carlo Di Antonio évoque le futur Code «Agriculture». Les grandes lignes.

«Votre démarche est un bel exemple de mobilisation citoyenne», lance Carlo Di Antonio, ministre wallon de l’Agriculture (cdH), aux participants de la Good Food March (lire ci-contre). Ils sont une petite trentaine sur le kiosque de la place Maurice Servais, à Namur.

«Vos revendications sont portées par une partie de plus en plus large de la population», ajoute le ministre, invité par la Fédération Unie de Groupements d’Éleveurs et d’Agriculteurs (Fugea) à rencontrer les marcheurs européens.

Il parle des priorités de l’exécutif wallon pour les semaines et les mois à venir. Il se fait que le futur Code agricole et horticole wallon est pratiquement rédigé. Il a déjà été soumis à une quinzaine de jeunes agriculteurs que le ministre a rencontrés à la Foire de Libramont.

Carlo Di Antonio évoque ce «texte fédérateur» qui manque aujourd’hui aux agriculteurs wallons.

Une première partie technique et réglementaire sera bientôt soumise au gouvernement wallon. Mais le parcours législatif est encore long et le texte doit encore évoluer. Le ministre souhaite qu’il aboutisse en janvier 2014, en même temps que la réforme de la PAC. Ses lignes de force…

1. Transition et diversification Ce «texte fédérateur» prévoit une transition de l’agriculture dans un délai de 10 ou 20 ans. « Il faut revenir à une agriculture qui nourrit la population. Avec moins de transports à travers le monde, parce que ce n’est plus tenable sur le plan économique, écologique et énergétique. Il s’agit aussi de faire en sorte que les revenus des agriculteurs soient moins sujets à fluctuations», résume-t-il. Il insiste sur la valeur ajoutée que les agriculteurs peuvent apporter à leur production. « On ne peut plus juste produire du lait ou des céréales. Il faut diversifier. Et développer aussi une certaine proximité et une ouverture entre producteurs ruraux et consommateurs des villes, en misant sur les week-ends à la ferme, les fermes pédagogiques, etc.»

2. Autonomie et «plan protéines végétales» «À terme, il faut que les exploitations tendent vers un maximum d’autonomie énergétique, via notamment la biomasse. Les agriculteurs devraient même pouvoir devenir des producteurs d’énergie», prévoit Carlo Di Antonio. Davantage d’autonomie aussi pour l’alimentation des animaux. «Pour réduire les achats extérieurs d’aliments, il faut développer au maximum la production de protéines végétales chez nous. Cela suppose un gros “plan protéines” pour revenir à une certaine indépendance. Pour remplacer le soja, il faudra mettre le paquet sur la recherche en ciblant sur les protéines végétales », annonce-t-il.

3. Outils, Afsca, etc. Une fois définie, la réforme du paysage n’ira pas sans une réforme des outils de promotion, de recherche, de diversification, d’encadrement… Et l’Afsca? «Mon avis? On est allé beaucoup trop loin dans les contrôles, notamment pour les petits producteurs. Ça peut se révéler contre-productif. J’ai demandé une analyse pour voir ce qui se passait ailleurs dans ce domaine et pour comparer les pratiques. Quand on voit certains magasins qui ont pignon sur rue, notamment en Italie… Est-ce qu’ils font fausse route ou est-ce que c’est nous qui avons poussé le bouchon trop loin?» se demande le ministre wallon.