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Chevaline: le cycliste qui a découvert les corps se confie

Chevaline: le cycliste qui a découvert les corps se confie

Un autre

Associated Press / Reporters

Le cycliste britannique qui a découvert la tuerie de Chevaline, dans les Alpes françaises, a témoigné pour la première fois jeudi à la télévision britannique, racontant que la scène du meurtre ressemblait à une série hollywoodienne.

«Il y avait beaucoup de sang et des têtes trouées par des impacts de balles», a expliqué sur la BBC Brett Martin, qui est un ancien de la Royal Air Force. «Cela ressemblait à une scène de la série policière +Les experts+», a-t-il ajouté.

Comme à son habitude, Brett Martin était parti ce jour-là faire une promenade à vélo vers 14H30. Il a cru d’abord être le témoin d’un «terrible accident de voiture».

Le moteur de la BMW dans laquelle les corps ont été retrouvés était toujours en marche, selon lui.

«C’est le genre de choses sur lesquelles vous ne pensez jamais tomber dans votre vie», a-t-il raconté. «Quand je me suis approché, la première chose que j’ai vue, c’est un vélo couché par terre. Comme j’avais vu le cycliste devant moi plus tôt, alors j’ai pensé qu’il se reposait».

«Je me suis encore rapproché, une enfant très jeune titubait sur la route et au début, j’ai pensé qu’elle était juste en train de jouer car on aurait dit, de loin, qu’elle tombait en rigolant comme le font les enfants», a-t-il expliqué.

«Mais il est apparu clairement qu’elle était gravement blessée et qu’elle était couverte de sang . A ce moment-là, ça ressemblait à un terrible accident de voiture», a-t-il expliqué.

2 fillettes ont survécu

Saad al-Hilli, 50 ans, sa femme Iqbal, 47 ans, et sa belle-mère, 74 ans, ont été retrouvés morts dans leur voiture, tués par balles, sur une petite route peu fréquentée à Chevaline, le 5 septembre, de même qu’un cycliste français, apparemment victime collatérale.

Les deux fillettes du couple âgées de 4 et 7 ans ont survécu à la fusillade, mais la plus âgée est toujours hospitalisée à Grenoble dans un état grave.

Le procureur en Grande-Bretagne

Le procureur de la République d’Annecy chargé de l’enquête est arrivé jeudi midi dans le comté du Surrey, lieu de résidence de la famille al-Hilli où pourraient se trouver les causes et explications de la mystérieuse fusillade.

Le procureur Eric Maillaud accompagné de Michel Mollin, l’un des deux juges chargés de l’enquête, s’est immédiatement rendu à Woking, siège de la police du Surrey.

«Notre présence ici ne signifie pas qu’il y a des problèmes entre les deux juridictions anglaise et française. Mais au contraire que nous souhaitons renforcer la coopération et nous comprendre le mieux possible dans l’espoir de parvenir le plus vite possible à la résolution de ces meurtres horribles», a-t-il déclaré aux journalistes massés devant le commissariat.

«Nous sommes parfaitement conscients qu’Annecy n’est que le lieu fortuit de ce drame et que vraisemblablement, l’origine, les causes et les explications sont ici chez vous», a-t-il répété.

Rob Price, assistant chief constable de la police du Surrey (adjoint du chef de la police du Surrey) a fait état «des complexités et des défis à surmonter» du fait des deux juridictions différentes.

3 pistes et 3 pays

M. Maillaud avait indiqué mercredi que les enquêteurs concentraient leurs efforts sur trois pistes: la piste familiale, la profession du père et l’Irak, pays d’origine des al-Hilli.

Des informations ont circulé sur un différend entre Saad et son frère Zaid, également établi dans le Surrey, à propos d’un héritage en Espagne et/ou en Irak. Zaid a été interrogé quatre jours d’affilé en qualité de témoin libre, et nie toute brouille.

Jeudi, le quotidien Daily Telegraph faisait cependant état d’une piste suédoise, impliquant le fils de la grand-mère maternelle tuée à Chevaline, atteint de troubles mentaux et qui aurait disparu depuis un mois du domicile familial à Stockholm.

Côté professionnel, Saad al-Hilli a notamment travaillé comme ingénieur pour une société leader mondial des micro-satellites.

La piste irakienne, pays d’origine des al-Hilli, est la plus difficile à exploiter, de l’aveu même du procureur. «On ne sait pas comment travailler avec l’Irak de manière fiable», a-t-il confié.

Les enquêteurs espèrent que la perquisition de fond en comble de la maison des al-Hilli à Claygate, également dans le Surrey, apportera des pistes voire des réponses.