POLITIQUE

Jean-Claude Marcourt : « Non à la fusion des outils économiques »

Jean-Claude Marcourt : « Non à la fusion des outils économiques »

Jean-Claude Marcourt veut bien repenser les outils économiques wallons. Mais pas les fusionner. Reporters

Marcourt veut une plateforme commune aux trois outils économiques wallons. Mais pas question de les fusionner.

Sept mille cinq cents interventions pour 1,5 milliard d’euros de financement dans le secteur des PME. C’est le bilan que Jean-Claude Marcourt tirait hier après 10 ans de fonctionnement de la Société Wallonne d’Investissement (Sowalfin), l’un des outils économiques de la Wallonie. Content, le ministre de l’Économie. Notamment pour le rôle qu’a tenu la Sowalfin dans l’après-crise de 2008. Grâce à son aide, 90 % des entreprises wallonnes ont survécu au choc à un moment où les banques ne voulaient plus prêter un radis aux PME.

Une réforme attendue

Cela dit, tout n’est pas rose dans le monde de l’investissement au sein de la Région wallonne. C’est même l’un des dossiers très chauds de la rentrée.

En gros, l’Olivier se divise sur une rationalisation devenue inéluctable des trois leviers majeurs de l’économie wallonne : la Sogepa (Société wallonne de gestion et de participation), la SRIW (Société régionale d’investissement de Wallonie), et la Sowalfin, donc. D’aucuns au gouvernement voudraient un vrai dégraissage, histoire de participer activement au serrage de ceinture budgétaire. Mais les intérêts des uns et des autres, parfois personnels font que tout le monde n’est pas d’accord sur la méthode.

Sans parler de l’opposition qui clame tous les quinze jours qu’il y a trop de «machins», trop d’administrateurs, trop de dépenses. Bref, il y aurait de la gabegie dans l’air.

En juillet, Jean-Claude Marcourt, conscient du besoin de rationalisation, avait apparemment fait une proposition d’aménagement des trois outils économiques qui avait été recalée, notamment par le cdH André Antoine.

Du coup, le ministre de l’Économie s’est remis au boulot et planche sur une nouvelle mouture qui, espère-t-il, atterrira en janvier 2013.

Non à la fusion, oui à un organe commun

Mais Marcourt est clair : s’il admet la nécessité de mieux structurer les divers outils, il refuse de parler de fusion au sens juridique.

«On ne doit pas parler de restructuration mais de clarification ou d’évolution. Je ne souhaite pas de fusion juridique. Les conseils d’administrations sont petits, on les a réduits, on a réglé le problème des rémunérations des administrateurs. Aujourd’hui, il faut faire travailler ces outils plus ensemble».

L’amélioration que veut apporter Marcourt à la situation actuelle est celle-ci : la Sogepa continuerait à s’occuper uniquement des entreprises en difficulté, la Sowalfin des PME, TPE et indépendants, et la SRIW des grosses entreprises.

«Mais les trois structures doivent mieux se parler», dit le ministre. «Je voudrais donc mettre en place une plateforme commune, un comité informel où les trois outils pourraient échanger des informations. Ce ne serait pas un machin supplémentaire. Mais ça nous donnerait une vision d’ensemble stratégique du milieu économique wallon».

Autant dire que les discussions risquent d’être très longues au gouvernement pour arriver à un consensus sur la question tant les différences d’optiques sont quasi philosophiques…