Turquie Le procès de 44 journalistes dont 35 détenus depuis le 20 décembre 2011, pour la plupart employés dans des médias de gauche kurdes, s’est ouvert lundi à Istanbul. Le président de la Fédération Européenne des Journalistes (FEJ), Arne König, l’a dénoncé comme «une tentative scandaleuse de réduire au silence la presse critique sous prétexte d’une pseudo-lutte contre le terrorisme».

Les autorités turques n’en démordent pourtant pas : ce jeudi à Diyarbakir le procès de Bedri Adanir entre dans une phase décisive : ce journaliste a lancé le journal publié par les journalistes détenus, avec le soutien du syndicat turc des journalistes (TGS). Et demain aura lieu à Istanbul la treizième audience du procès impliquant les journalistes du site Web OdaTV, dont Baris Terkoglu, directeur de l’information, «adopté» par l’Association Générale des Journalistes Professionnels de Belgique, en détention depuis dix-neuf mois.

Arne König et le président du TGS, Ercan Ipekci, témoigneront à ces deux audiences de leur solidarité avec tous les journalistes turcs sous les verrous. «Le gouvernement turc doit savoir que nous suivons ces affaires de près et que nous les relayons aux organisations européennes et internationales», a ajouté Arne König. «Le rôle prépondérant joué par la Turquie au Proche-Orient et dans la crise syrienne ne doit pas occulter ce que subissent les voix dissidentes sur le plan intérieur».

Phi. Le.