POLITIQUE

« Plan B », « Horizon 2022 » : c’est kif, non ?

« Plan B », « Horizon 2022 » : c’est kif, non ?

Elio Di Rupo est venu prendre connaissance à l’Élysette de la dynamique « Horizon 2022 ».

Belga

Demotte a présenté «Horizon 2022» au Premier ministre. Il n’y voit pas de contradiction avec le «plan B» évoqué par Picqué. Vraiment?

La rentrée politique a été «chaud boulette» ce week-end.

Charles Picqué est revenu avec l’idée d’un plan B en cas de foirage de la réforme de l’État. Et Bart De Wever en a remis une (grosse) louche sur des discussions confédéralistes avant même le Grand Soir communautaire attendu de 2014.

Ceux qui croyaient vivre dans un pays en pleine pacification avec des Diables rouges comme ciment de la nation peuvent aller se rhabiller.

Pourtant, malgré toutes les déclarations de ce week-end, y compris dans son propre parti, et de surcroît dans la bouche de son partenaire bruxellois, Rudy Demotte, le ministre président wallon ne se démonte pas.

La preuve? Il a reçu hier à l’Élysette le Premier Di Rupo pour lui présenter son plan « Horizon 2022». Qui pour lui est d’ailleurs le seul «plan B» qui vaille.

«Qu’on appelle ça plan A, B, C ou Z, c’est le même contenu qui devra être développé à savoir la démographie et la relance économique. C’est le seul moyen de couper l’herbe sous le pied à ceux qui disent que les Wallons coûtent trop cher aux Flamands et que nous manquons de dynamisme entrepreneurial».

Sauf que le «plan B» de Picqué ressemble plus à une sortie de secours en cas de poussée nationaliste plutôt qu’à un plan de relance dans le nouveau modèle belge négocié lors de la formation de l’actuel gouvernement.

«Non si l’objet est de se donner la faculté de prendre son destin en main» rétorque Demotte.

«Le plan 2022 ne vise pas que 2022, il travaille sur toutes les étapes intermédiaires. Nous sommes aujourd’hui obligés de prouver que nous sommes en mesure d’améliorer les conditions de cette autonomisation. Pour le reste, je ne suis pas exégète de Charles Picqué. Mais si son discours est de dire qu’il faut trouver les outils pour nous prendre en charge, c’est ça».

Joli coup de pied en touche. Un peu à la façon de Di Rupo venu prendre connaissance du plan de la Wallonie «comme je prendrai connaissance des plans d’autres régions si on m’invite» dit-il.

Mais lui non plus ne veut pas prendre position sur les déclarations de Picqué.

«Ce qui est important, c’est de voir qu ‘on travaille et que chaque région a une stratégie pour améliorer les choses».

Pas question donc d’attiser la polémique. Le message? «Laissez-nous travailler et tout ira bien».

Un discours qui tiendra sans doute la route jusqu’en 2014. Après quoi l’horizon pourrait sérieusement se boucher en dépit des efforts entrepris actuellement, notamment par la Wallonie.