LITTERATURE

Macha Méril revisite le lien amoureux

Macha Méril revisite le lien amoureux

Entre théâtre et télévision, Macha Méril trouve toujours le temps d’écrire.

Reporters/Abaca

Une femme proche de la quarantaine découvre sa sensualité au contact d’un homme plus jeune. «Ce qu’il voulait» de Macha Méril explore le couple.

Dans la maison qu’elle possède dans le Gers, Lola documentaliste parisienne attend Thomas, un jeune sociologue. Ils se sont rencontrés récemment et ont entamé une relation plus sexuelle que sentimentale. Dans un roman mené comme un polar, Macha Méril explore le couple mais aussi la femme et la sexualité.

Après le récit personnel dans « Jury », vous revenez à la pure fiction avec un sujet difficile…

Je suis agacée de la façon dont on parle actuellement de la sexualité. On l’aborde comme un bien de consommation. Or, pour moi, il s’agit d’abord d’un lieu de connaissance. Et aussi d’une chose à laquelle on ne comprend finalement pas grand-chose (rires). Mais ce nouveau livre est un roman. C’est vrai que quand on invente, on s’inspire toujours de personnes et de situations connues. Thomas a des traits de deux ou trois personnes que je connais.

Thomas va révéler Lola à elle-même mais aussi lui faire du mal ?

Je raconte l’histoire d’une femme qui a une vie plutôt réussie. Elle est reconnue dans sa profession, a eu quelques compagnons très corrects mais elle sent – comme beaucoup de femmes de cette génération née juste après mai 68 – qu’il lui manque quelque chose. Elle ne sait pas ce que c’est mais elle le trouve avec ce garçon. C’est en quelque sorte l’extase qu’on peut découvrir dans la sensualité d’une relation mais aussi ailleurs comme dans le sport, la création artistique ou encore les drogues ! Quant à Thomas dont elle va petit à petit découvrir la vie, ce n’est pas un « bad boy ». Lui aussi se cherche. Il veut que son existence serve à quelque chose.

En détruisant les codes établis ?

Il cherche comme d’autres de sa génération à se distinguer. Entre autres dans sa vie de couple. Depuis quelques années, deux choses impliquent une totale remise à plat des relations entre hommes et femmes : la pilule et les tests ADN de paternité. Ça a complètement changé la donne des femmes.

Pourtant on ne peut pas dire que « Ce qu’il voulait » soit un roman d’amour ?

Sans dévoiler l’histoire, laissons un peu de suspens, c’est vrai que le roman est plutôt construit comme une aventure, une enquête. Ce n’est pas un roman psychologique.

C’est aussi un hommage à la nature !

C’est particulièrement vrai via le troisième personnage de cette histoire, le jardinier Félicien dont on pénètre les pensées. J’ai moi-même une maison dans le Gers et je connais des hommes comme lui, qui n’ont pas toujours les mots pour le dire mais une intelligence des choses et des gens remarquable. Lui et Thomas, l’intellectuel, sont à l’opposé l’un de l’autre. J’ai aimé les confronter car, j’aime personnellement les deux !¦

Macha Méril, « Ce qu’il voulait », Albin Michel, 263 p., 19 €.