Camille est enceinte

Révélé il y a deux ans avec un très joli premier roman,La voie Marion, une histoire d’amour douce-amère dans les Alpes, Jean-Philippe Mégnin prouve, avecLa Patiente qu’il possède un ton bien à lui. Son narrateur, gynécologue, reçoit un jour en consultation d’une jeune femme qui, pressent-il, n’est pas comme les autres. Il en a la certitude lorsqu’après s’être fait confirmer qu’elle était enceinte, Camille lui demande si ce métier-là n’est pas «un peu étrange, pour un homosexuel».

Comment le sait-elle? C’est David qui le lui a dit, lance-t-elle avant de sortir. Or David est le compagnon du médecin. Un dandy parisien féru d’art, partout à l’aise, faisant partie«de ces gens dont la conversation vous donne le sentiment d’être intelligent». Ils se sont rencontrés quelques années auparavant mais ne vivent pas ensemble. Profondément troublé, Vincent finit par lui demander s’il la connaît. Et déclenche l’irréparable.

L’auteur est à l’aise sur différents tableaux, la peinture du trouble de ses personnages qui semblent flotter dans la vie plutôt que d’y avoir les pieds bien arrimés comme l’évocation de jours heureux. Le tout mâtiné d’un petit suspens bien élaboré.

M.P.

Jean-Philippe Mégnin, « La Patiente », Le Dilettante, 158 p., 15 €