L’édito par Philippe Martin

Le plan B, avec ou sans Diables

Le plan B, avec ou sans Diables

Personnel EdA - 06/2008 Trombinoscope Philippe Martin EdA - Jacques Duchateau

Le plan B, celui d’une implosion de la Belgique fédérale, reste à l’ordre du jour. Malgré l’effervescence noire-jaune-rouge, autour des Diables

Et patatras! On aurait pu croire que tout allait enfin bien dans ce petit pays de cocagne qu’est la Belgique. Que la confiance était rétablie entre le Nord et le Sud. Que, depuis la formation du gouvernement fédéral, les politiques francophones et flamands s’étaient remis autour de la table avec la ferme intention de trouver des solutions à l’amiable pour l’avenir du pays. Que la réforme de BHV avait enterré la hache de guerre en faisant taire les revendications nationalistes. Qu’Elio Di Rupo avait fait la démonstration de sa bonne volonté en devenant (presque) bilingue. Bref, que le pays était remis sur les rails pour une décennie ou deux, voire davantage…

Et puis, il a suffi de quelques sondages, à la veille des élections communales, pour que ces douces croyances s’effondrent, une fois de plus. Pour que l’ombre du grand méchant De Wever, avec ses 36 ou 40 % d’intentions de votes, vienne à nouveau perturber le sommeil des Wallons apaisés.

Donc, tout ça n’était qu’un rêve? Donc, les Flamands veulent vraiment l’indépendance ou le confédéralisme. Donc, tout serait à recommencer…

Outre l’obstination forcenée du président de la N-VA, il faut sans doute toute la lucidité et l’indépendance de Charles Picqué pour sortir les francophones de leur torpeur. Lorsque le ministre-président bruxellois déclare qu’il ne faut pas délaisser le plan B et les incite à se montrer plus ambitieux, il n’a évidemment pas tort. De même, lorsque Benoît Lutgen invite ses collègues présidents de partis à ne pas renouveler les erreurs du passé (et celles, notables, de son prédécesseur à la tête du cdH) et à préparer de possibles nouvelles négociations à l’horizon 2014, il a aussi raison.

Certes, un raz-de-marée de la N-VA n’est pas encore inscrit dans les astres des prochaines législatives. Mais les Wallons et les francophones ont tout intérêt à ne pas se bercer d’illusions et à ne pas s’endormir sur leurs maigres lauriers. Même en cas de victoire des Diables rouges pour recimenter une fragile cohésion nationale.