DOCUMENTAIRE

Quand Nestlé prend l’eau en otage

Quand Nestlé prend l’eau en otage

Nestlé, ce sont de beaux slogans en vitrine mais, dans les coulisses, des pratiques pas toujours dignes.

Arte

Enquête à charge, «Nestlé et le business de l’eau en bouteille» dénonce la guerre de l’eau et ses ravages, notamment sur l’environnement.

Si Coca-Cola est le roi du soda, Nestlé est l’empereur de l’eau : la multinationale suisse possède cinq marques internationales connues et reconnues. Il y a là Perrier, Contrex, Vittel, Acqua Panna, San Pellegrino, mais aussi une kyrielle de marques locales vendues dans près de quarante pays de la planète. 19 % du marché mondial appartient au groupe basé à Vevey. Et ce n’est pas fini : ces dernières années, Nestlé a acquis de nouveaux labels, comme Aquarel, Pure Life ou encore le petit dernier, Henniez.

Cette boulimie a un prix. Loin des films publicitaires apaisants qui sont un peu la marque de fabrique des vendeurs d’eau, Nestlé est aussi un «prédateur à la recherche des dernières gouttes d’eau non polluées dans le monde ». C’est du moins l’opinion, tranchée, de Maude Barlow, ex-conseillère principale de l’ONU sur les questions de l’eau. Et l’un des protagonistes de Nestlé et le business de l’eau en bouteille, le documentaire diffusé ce soir par Arte.

Et même si l’on peut regretter que le docu, un peu partial, ne s’attarde pas sur les dégâts causés par d’autres géants de l’agroalimentaire, façon Danone, difficile de rester insensible aux arguments développés ici par Urs Schnell, le réalisateur, et son comparse Res Gehriger : ces deux-là démontrent comment, à force de lobbying, Nestlé s’est introduit dans les foyers et les entreprises pour y imposer son eau en bouteille (ou en fontaine), rarement meilleure que celle du robinet mais de… 300 à 1 000 fois plus chère. Mais aussi de quelle façon il s’est approprié, parfois contre des montants dérisoires, des concessions d’eau publique, pompées jusqu’à plus soif avec, à la clé, des dommages environnementaux irréversibles.