namur Tribunal correctionnel

Une histoire de voleurs volés

Il a volé une voiture… volée, tractant une remorque remplie de câbles de cuivre… volés. Et la liste des préventions ne s’arrête pas là.

Les faits remontent au 28 avril 2010. Ce jour-là, à Namur, Rachid (sujet d’origine nord-africaine, né en 1972) remarque, de la fenêtre de son appartement, un manège pour le moins suspect.

«Des gitans ont garé une voiture (une Opel Vectra) tractant une remorque, sous le pont de Louvain, avant de s’éloigner. Avec un copain, je suis allé voir ça de plus près, explique-t-il. Il s’agissait visiblement d’un véhicule volé, le contacteur avait été démonté et les fils dénudés. »

Il ne fallut que quelques secondes pour que Rachid et son comparse se décident à agir. C’est que, dans la remorque, étaient amassés… quelque 200 kg de câbles de cuivre (vraisemblablement volés, le long de voies de chemin de fer, au préjudice de la SNCB)!

Mais voilà… Le soir même, sur les hauteurs de Bouge, une patrouille de police surprenait les deux lascars… en train de faire fondre le métal précieux, en le plongeant dans un feu de bois.

L’arrestation des deux suspects s’avéra quelque peu mouvementée. Entre-temps, le duo avait également fait arrêt, dans une station-service, pour remplir le réservoir de l’automobile… en omettant de payer la note de carburant.

Bref, les préventions sont multiples : vol, recel, menaces, grivèlerie, rébellion… Et, à cela, viennent également s’ajouter, en ce qui concerne Rachid, deux dossiers supplémentaires…

Le premier est relatif à un cambriolage commis (avec un autre complice), dans la nuit du 4 au 5 juin 2009, au détriment d’un particulier. Butin (évalué à 6 318 €) : du mobilier, un ordinateur, un GSM, un frigo et un congélateur (avec leur contenu), des bouteilles de vin, etc.

Le second volet fait, lui, allusion à des coups et blessures volontaires ayant entraîné une incapacité (lors d’une altercation, à Namur, avec un rival qui aurait tenu des propos racistes et déplacés).

Deux ans de prison

Après avoir détaillé chronologiquement l’ensemble des préventions, le substitut du procureur du roi requiert une peine de deux ans de prison, à l’encontre de l’accusé, en état de récidive légale et ne pouvant donc plus bénéficier d’une mesure de sursis.

Rachid a, en effet, déjà été condamné, en 2006, à deux ans de détention, pour vols avec violences. La sentence réservée à chacun de ses deux complices (dont le rôle est jugé accessoire) : trois mois de prison.

Dans ces conditions, la tâche de Me Maudoux s’annonce bien délicate… Le conseil du prévenu s’attache néanmoins, point par point, à requalifier les faits, afin d’atténuer la sévérité de la sanction proposée.

Et puis, surtout, l’avocat de la défense insiste beaucoup sur les efforts de réinsertion récemment consentis par Rachid. Celui-ci a créé sa propre société, qui gère, depuis décembre 2011, un café-restaurant réputé, à Namur.

«Il faut encourager cette réorientation. Le passé (le temps où il vivait d’expédients) est révolu. Condamner mon client à une peine de prison, ce serait faire marche arrière », souligne Me Maudoux, qui sollicite une peine de travail.

La présidente, Martine Scarcez, rendra son jugement, le 8 octobre.