Le cinéma, pour Francis Dannemark, ce sont d’abord «des histoires formidables». Très féru sur le sujet, il cite dans son roman des dizaines de films, connus ou moins, que ses héros évoquent ou visionnent avec toujours le même plaisir. «C’est chez moi, un goût aussi ancien que celui pour les livres ou la musique, précise-t-il.C’est le contrepoint de mes activités d’éditeur (au Castor Astral où il dirige la collection Escales des Lettres, NDLR) ou de conseiller littéraire. J’ai longtemps eu honte de dire que, parfois, je n’en peux plus de lire. Et souvent de mauvais manuscrits. Mais si j’ai beaucoup de peine à être un lecteur tout à fait naïf, je garde par rapport au cinéma une très grande fraîcheur que je n’ai plus quand j’ouvre un bouquin.»

Comédie musicale : le cinéma le plus pur !

Il avoue une affection particulière pour le cinéma des années 1930.

«Ce sont des années de crise, de dépression, dangereuses, difficiles, on sent qu’un conflit arrive. Et pourtant, jamais dans l’histoire de cet art, on a connu une telle production de comédies, celles de Capra, McCarey, La Cava et d’autres. Mais elles prennent en charge l’état du monde, elles ne font pas semblant que le monde va bien. L’accent est par exemple mis sur l’opposition entre riches et pauvres.

Et pourtant, le regard porté est extraordinaire, on peut en rire. Je trouve cela magnifique. Quant à la comédie musicale, elle est, avec le dessin animé, le cinéma le plus pur. Ce sont les deux seuls genres cinématographiques qui s’affranchissent totalement du réalisme, de l’envie de faire vrai. On sait tout de ce que l’on est dans une autre dimension. Cela peut produire des tas de bêtises comme des chefs-d’œuvre.»

M.P.