Francis Dannemark, un romancier qui vous veut du bien

«La véritable vie amoureuse de mes amies en ce moment précis» parle d’amour, d’amitié et de cinéma. Et procure une sensation de bien-être.

Résolument optimiste. Joyeux. Enjoué. Convivial. Le nouveau roman de l’écrivain belge Francis Dannemark est tout cela. Pendant 450 pages et sept mois, de novembre à juin, on accompagne avec allégresse une dizaine d’hommes et de femmes heureux de se connaître. Et de se retrouver une fois par semaine dans la maison de l’un d’eux pour partager un repas chaleureux et visionner un vieux film.

Livre aimable, pas admirable

«J’ai toujours écrit des romans très courts, confie l’auteur, faisant, faute de temps, l’impasse sur mon désir d’écrire de grandes histoires avec beaucoup de personnages. Il y a quelque temps, j’ai connu une situation difficile et, me lançant dans ce vaste chantier, je me suis créé une deuxième maison. Cette maison rêvée a été mon refuge pendant des mois et des mois et les personnages sont devenus comme des amis. J’ai cherché à faire un livre aimable, pas admirable. Je voulais non pas impressionner mes lecteurs mais leur faire un peu de bien dans un monde un peu misérable.»

La vaste bâtisse bruxelloise où se réunit le groupe est une ancienne maison médicale qui hébergeait jadis de nombreuses disciplines différentes. Aujourd’hui, Max, psychologue, est le dernier à l’occuper à temps plein. Avant qu’elle ne s’écroule. Car la demeure est en piteux état, et les réparations coûtent chères.

D’abord une histoire d’amitié

«C’est à la fois une image de ma vie lorsque j’écrivais le livre et de notre monde qui se déglingue à toute allure. Et ça fait très peur, on est tous plus ou moins mal avec ça. Que peut-on quand même faire? Le roman répond à sa façon : en créant des liens.»

C’est autour d’un vieux film, avec une prédilection pour les comédies des années 1930, que se retrouvent chaque mercredi deux hommes et huit femmes, de 40 à 75 ans, majoritairement divorcés, célibataires ou veufs. Ils se connaissent tous depuis longtemps, hormis une ex-patiente de Max qui vient d’arriver. Car La véritable vie amoureuse de mes amies en ce moment précisest d’abord une histoire d’amitié, même si chacun se pose la question de la vie en couple, la plupart d’entre eux étant par ailleurs parents d’adolescents ou de jeunes adultes.

Tel Max dont le fils et la fille, respectivement partis à Barcelone et à Londres, viennent le voir pour les fêtes de fin d’année.

Sous la neige

Un autre élément fondamental du roman est le climat. Les premiers chapitres, qui se passent sous la neige compliquant les déplacements, génèrent un climat très bien rendu. «Je pense qu’au quotidien, le ciel au-dessus de notre tête, la température, nous influencent considérablement», sourit l’auteur du Grand Jardin.

Et puis, une fois encore, après Choses qu’on dit la nuit entre deux villesou Du train où vont les choses à la fin d’un long hiver, se rappelant qu’il fut également poète, Francis Dannemark a choisi un long titre, ici formé de deux décasyllabes, le ver classique des épopées au Moyen Age. Tout simplement parce que, pour lui, «le roman doit se retrouver dans la musique du titre».

Francis Dannemark, La véritable vie amoureuse de mes amies en ce moment précis, Robert Laffont, 472.