Maureen Dor : « On ne dit pasaux jurés ce qu’ils doivent dire »

Longtemps qu’on ne l’avait plus vue à la télé, surtout sur une chaîne belge. Maureen Dor sera dès ce lundi l’un des trois jurés du «Belgium’s Got Talent», l’émission phare de RTL. En totale liberté, assure-t-elle.

Maureen, pourquoi avoir accepté d’être un des trois jurés de Belgium’s Got Talent ?

Quand RTL me l’a proposé, j’ai trouvé ça chouette. J’aime beaucoup ce programme, et comme j’aime aussi donner mon avis. Et puis, je suis admirative du talent des gens. Et je fais partie du milieu.

Vous saviez qui seraient les autres jurés ?

Non, j’ai su au dernier moment avec qui j’allais travailler. Je leur faisais confiance et j’ai eu raison. L’alchimie a bien pris. L’ambiance était super. Paul est un type très drôle, très critique. Carlos est un vrai pro, qui aime les artistes et pour qui c’est difficile de dire non.

Chacun a son rôle dans le casting. Le vôtre, c’est quoi ?

Paul est dans l’efficace. Carlos, c’est : je vais vous expliquer pourquoi cela n’a pas marché. Et moi, je joue la partition du cœur : vous m’avez touché ou pas. La grande question, à mon sens, sera : est-ce que j’ai envie de vous revoir ou non ?

Pas trop dur de dire aux gens qu’ils n’ont pas le talent qu’il faut ?

Oui, c’est dur. Mais vous savez, le métier est tellement plus dur que nous. Notre non ne sera pas le même à l’égard d’un professionnel qui prétend qu’il va nous en mettre plein la vue ou d’un type hypertouchant, qui veut simplement faire partager sa passion mais pas en faire son métier.

Que cherchez-vous dans un talent ?

Quelqu’un qui fasse résonner une émotion en vous. La joie. La tristesse. Et chacun a sa propre histoire.

Il n’y a donc pas que le talent qui compte. Le profil des candidats aussi…

Si un concurrent est nul, on ne va pas le prendre. Le talent, c’est l’élément principal. Mais s’il est bon et qu’en plus, humainement, son histoire est intéressante, alors là oui, doublement. On est à la télé, après tout.

On sait que l’émission, internationale, a un format très cadenassé. N’est-il pas trop contraignant ? Est-ce la totale liberté pour le jury ?

Contraignant, pas du tout. Et on avait la totale liberté, oui. Nous, les jurés, on n’allait pas nous dire ce qu’on devait dire. Et comme on est des pros, on savait où on mettait les pieds.

RTL investit beaucoup sur cette émission qui est une réponse au succès de The Voice, de la RTBF. Pas le droit à l’échec : est-ce une grosse pression ?

Comme c’est la première fois en Belgique, on était un peu tous sous pression. C’est un gros challenge pour RTL et j’espère de tout cœur qu’ils vont réussir. Mais c’est bien la concurrence ; c’est très bon d’être condamné à la réussite. Moi, la pression, je la mets dans le verre. Cela fait vingt ans que je n’avais plus travaillé en Belgique et j’avoue que j’ai été agréablement surprise par l’ambiance. J’ai adoré. Il y a eu des surprises formidables, et des ratages touchants. C’est une émission vachement humaine. On dit souvent que la télé fait du spectateur des veaux, mais dans Belgium’s Got Talent, il y a de la vie, de l’avis.

Cela fait au moins six ans qu’on ne vous avait plus vue à la télévision. Vous signez là votre grand retour ?

Non, pas du tout. Je suis à présent éditrice de livres pour enfants. J’ai d’ailleurs un titre, Moi, super moi, qui vient de sortir il y a dix jours, et c’est vraiment ce à quoi je me consacre pour l’instant. Mais c’est ce qui a plu à RTL : je ne suis pas là pour un come-back.

L’édition, c’est suffisant pour vivre ?

Ma petite maison d’édition, Clochette, marche pas mal ; j’y crois beaucoup.

Et jurée à Belgian Got Talent, ça paie bien ? Vous qui avez été habituée aux gros salaires de la télé française…

Je ne dirai pas combien je gagne mais tout va bien. La Belgique, ce n’est quand même pas le tiers-monde.

Votre carrière de comédienne est aussi entre parenthèses. Et si on vous propose un rôle ?

Bon, d’accord si Spielberg me veut vraiment…¦