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Deux ans de camp pour les Pussy Riot

Deux ans de camp pour les Pussy Riot

Les Pussy Riot ne demanderont pas à Poutine de les gracier. « C’est à lui de nous demander […] de le gracier », a déclaré avec ironie Nadejda Tolokonnikova.

Associated Press/ReportersAssociated Press/Reporters

Le tollé international, les manifestations, les appels à la clémence de l’Église russe n’y ont rien fait : les Pussy Riot écopent de deux ans de camp.

Les trois jeunes femmes du groupe de punk rock russe Pussy Riot ont été condamnées vendredi à deux ans de camp chacune pour «hooliganisme» et «incitation à la haine religieuse», une peine qui a immédiatement été vivement critiquée à l’étranger (lire ci-contre). Nadejda Tolokonnikova, 22 ans, Ekaterina Samoutsevitch, 30 ans, et Maria Alekhina, 24 ans, ont été condamnées pour avoir chanté en février une «prière punk» dans la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou, demandant à la Sainte Vierge de «chasser Poutine» du pouvoir.

Les jeunes femmes ont «violé l’ordre public» et «offensé les sentiments des croyants», sans exprimer de repentir, a déclaré la juge Marina Syrova, qui a mis l’accent sur le caractère «sacrilège» de l’intervention des Pussy Riot et sur leur «haine de la religion».

«C’est une honte! C’est une injustice!», se sont exclamées plusieurs personnes dans la salle du tribunal à l’annonce de la sentence, inférieure d’un an à ce qu’avait requis le procureur. Nadejda Tolokonnikova a souri en entendant sa condamnation.

L’Église orthodoxe prône la clémence

Suscitant l’étonnement, le Patriarcat russe a publié un communiqué dans la soirée pour prôner la clémence envers les jeunes femmes. «Nous demandons aux autorités de faire preuve de clémence envers les condamnées dans l’espoir qu’elles renonceront à toute répétition de ce genre de sacrilège», a indiqué un communiqué du Haut conseil de l’Église orthodoxe russe.

L’attitude intransigeante adoptée jusqu’alors par la hiérarchie orthodoxe dans l’affaire a écorné l’image de l’Église dans la société et troublé une partie des fidèles, y compris des prêtres, pour qui pardonner aux jeunes femmes aurait été plus conforme aux valeurs chrétiennes.

Nikolaï Polozov, l’un des avocats des Pussy Riot, a confirmé que les trois femmes feraient appel.

La reprise en main se confirme

Ce jugement sévère semble confirmer que le président Poutine n’entend faire de concession ni à l’opposition ni aux Occidentaux inquiets de la reprise en mains du pays. Il intervient alors que, selon un sondage de l’institut Levada, sa cote de popularité est au plus bas depuis son arrivée à la tête de la Russie en 2000, avec seulement 48 % de personnes satisfaites.