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Visite guidée de Bruxelles en vingt frissons

Visite guidée de Bruxelles en vingt frissons

La guide déconstruit les légendes urbaines, comme celle des hamburgers aux vers de terre vendus dans les snacks aux abords de la Grand-Place. Reporters (Illustration)

Découvrir les légendes urbaines de Bruxelles, c’est l’activité proposée par une visite guidée insolite.Attention : déconseillée aux âmes sensibles!

Des mygales dans les yuccas vendus chez les fleuristes; des femmes enlevées dans les cabines d’essayage de magasins de la rue Neuve ou aspirées dans les toilettes de la station de métro Rogier; ou encore des aliments inquiétants dans les hamburgers de la «rue des pitas»…

Il se passe d’étranges choses à Bruxelles! Répandus par bouche-à-oreille, ces faits divers sont-ils fondés, ou tout simplement inventés ?

La visite guidée du «Brussels Urban Legends Tour » donne un éclaircissement sur ces anecdotes… plutôt appelées «légendes urbaines ».

De sombres légendes en disent long

Et il ne s’agit pas là de tourisme noir car aucune des anecdotes racontées n’a réellement eu lieu. « Ce sont des récits souvent sombres, dégoûtants… qui ne sont jamais cités par l’office du tourisme ou les autorités mais qui sont colportés par les habitants! », explique l’organisatrice Aurore van de Winkel, docteur en information et communication et fondatrice de Credentia, un réseau international d’études sur la croyance. La guide ne parle donc pas de légendes traditionnelles qui présentent le Manneken-Pis, les statues des rois et les bâtiments de la Grand-Place.

Pour mettre en alerte

L’objectif, ici, est de se «légendariser ». Un exemple : «Ici, une femme coquette aurait été accostée par deux hommes voulant lui vendre un parfum luxueux à bas prix », explique la guide dans la rue Neuve. « Pour sentir le parfum, ils s’isolent dans une petite rue. Mais le parfum est en réalité de l’éther et la femme s’évanouit, dépouillée de son sac à main… » Loin de vouloir colporter cette rumeur, la spécialiste ne se contente pas d’ânonner l’histoire, qui existe dans toutes les grandes villes. «Souvent raconté par des personnes bienveillantes, c’est un message de prévention, qui met en alerte! » analyse Aurore van de Winkel. «Et le message sous-jacent est celui de la femme coquette qui se met en danger pour être plus belle. » La guide démystifie toujours la légende. « Il n’y a jamais eu de hamburgers au vers de terre vendus dans la rue des pitas (NDLR : officiellement appelée la rue du Marché aux Fromages). Pour la simple raison qu’un kilo de viande de haché coûte moins cher qu’un kilo de vers de terre. » Ainsi, le thème de l’alimentation est récurrent dans ce type de rumeur, tout comme le cannibalisme, les bêtes exotiques, les grandes chaînes de magasins…