Au début était le socialiste à la Porsche

Après la mort d’André Cools, la carrière de Michel Daerden a pris son envol

Belga

C’était après que, ministre des Pensions, Michel Daerden s’était déclaré «impuissanté » face à la réforme à réaliser. «L’image du clown, de l’ivrogne ordinaire, s’est imposée à partir de 2006 ( … ) Plus il est attaqué pour ses déboires ou ses outrances, plus il est soutenu», commentait, pour un de nos confrères, le politologue liégeois Pierre Verjans.

Bien avant le clown, il y avait eu le «socialiste à la Porsche » : réviseur d’entreprises florissant, l’homme en imposait par sa forte implantation locale : bourgmestre d’Ans, sur les hauteurs liégeoises, dès 1983, il ne perdra son écharpe qu’en mars 2011, trahi par son «ami » Stéphane Moreau.

L’assassinat d’André Cools, le 18 juillet 1991, fait basculer son destin politique : en janvier 1993, ce natif de Baudour, où il est né le 16 novembre 1949, apparaît comme le «candidat du consensus », seul capable de ressouder une fédération liégeoise du PS, déchirée après la mort du «maître de Flémalle ».

En décembre 1994, il remplace à la Politique scientifique Jean-Maurice Dehousse, devenu bourgmestre de la Cité Ardente. Une carrière ministérielle de quinze ans s’ouvre, tantôt au fédéral, tantôt au régional, puis au régional et au communautaire.

Le mayeur ansois prend vite du galon : il se retrouvera auxTransports. Puis, en 2001, il hérite des Finances de la Région wallonne.

Aux chiffres, l’homme, enseignant aux Hautes Études Commerciales, est dans son élément. Il se donne une réputation de gestionnaire rigoureux, qui gérera aussi, par la suite les finances à la fois de la Communauté française. Pourtant, sa proposition de vignette autoroutière, refusée par la Flandre, est mise aux oubliettes par ses propres collègues. Et s’il peut supprimer la radio-redevance, la télé-redevance, dont il avait annoncé la disparition, elle, est toujours de rigueur. Il systématise aussi un financement alternatif des grands travaux, pas forcément gagnant.

Entre-temps, ses frasques détonnent de plus en plus : l’excuse de sa dyslexie pour expliquer son élocution particulière abuse de moins en moins de monde. Jusqu’à sa fameuse prestation télévisée, après les communales de 2006 (cf. ci-dessus).

La chute s’amorce : perte du contrôle sur la fédération liégeoise du PS; transfert au fédéral, et aux Pensions, en 2009. Et in fine le coup de grâce, avec son éjection du fauteuil mayoral ansois. Depuis lors, il y a eu une réconciliation de façade : Michel Daerden devait, en principe, devenir bourgmestre dans la commune voisine de Saint-Nicolas. Aujourd’hui, de Thierry Giet, président ff du PS, à Willy Demeyer, président de la Fédération liégeoise, tout le monde fait part de sa sympathie. C’est l’usage…