JO 2012: une ardoise qui ne cesse de gonfler

Le coût des Jeux Olympiques de Londres dépasse déjà de quatre fois les prévisions de départ. S’ils avaient su…

Vingt-quatre millions d’euros. C’était le coût des Jeux Olympiques de Londres en… 1948. Avec les années, la surenchère entre pays et l’évolution des technologies, on est passé à 54 millions pour Rome en 1960, 1,1 milliard pour Los Angeles 1984, 2 milliards pour Barcelone 1992 et… 24,4 milliards pour les Jeux de Pékin voilà quatre ans!

Et Londres 2012? La facture sera moindre qu’à Pékin mais salée malgré tout : on parle de 9,3 milliards de livres soit 11,6 milliards d’euros et cela pourrait être plus encore (14 milliards d’euros selon certaines sources), même si le gouvernement affirme son intention de limiter la casse. C’est déjà quatre fois plus que l’estimation émise lors de l’attribution des jeux à la capitale anglaise en 2005.

« Si on avait su… »

C’est que les coûts d’organisation n’ont cessé d’être revus à la hausse. Par exemple, les budgets couvrant la sécurité des cérémonies d’ouverture et de clôture ont été doublés. Évalué à 280 millions de livres en 2004, le budget du stade olympique est estimé aujourd’hui à 547 millions de livres (623 millions d’euros). La transformation d’une partie de l’Est de Londres en parc olympique a coûté une fortune, tout cela dans un contexte de difficulté économique et sociale particulièrement complexe. La ministre anglaise chargée des JO, Tessa Jowel, a même déclenché une vive polémique en déclarant l’an dernier que s’il avait su ce que tout ça allait réellement coûté, le gouvernement britannique n’aurait pas été candidat à accueillir les Jeux.

Recettes pas à la hauteur ?

Si deux tiers des coûts des Jeux sont assumés par le gouvernement, 23 % du budget émane de la Loterie nationale et 10 % de Londres et du Grand Londres. 41 sponsors britanniques ont versé 980 millions d’euros. On espère aussi récolter 800 millions d’euros avec la vente de billets et de produits dérivés. À ces espoirs de recettes s’ajoute l’argent apporté par le CIO lui-même, dont les 11 sponsors globaux versent 785 millions d’euros et qui perçoit des droits de retransmissions télé estimés à 3,2 milliards d’euros (pour Londres et les JO d’hiver de Vancouver). Le CIO redistribue 90 % de cet argent à un peu tout le monde, organisateurs des Jeux et comités olympiques nationaux.

Alors les recettes vont-elles couvrir les dépenses? Il y a controverse aussi. Le Premier ministre anglais James Cameron se dit optimiste. Mais divers rapports considèrent qu’il ne faut pas se faire trop d’illusion. Exemple : les recettes perçues par le CIO pour les Jeux de Pékin, et incluant sponsoring, billets, produits dérivés et droits de retransmissions, n’avaient pas dépassé 3,6 milliards d’euros. Rentable les JO? Pas évident.

De plus, les exemples abondent de ces villes organisatrices qui ont mis des années à régler leur ardoise : Montréal, qui avait organisé les Jeux de 1976 n’a terminé de payer ses 942 millions de dette qu’en… 2009.

En attendant, il faut assumer. Le budget dévolu a la préparation des sportifs britanniques a été revu à la baisse, avec pour compenser, un appel à la générosité des concitoyens, invités à faire des dons pour soutenir les athlètes. Suffisant pour éviter à Londres le spectre de la faillite, ou la perspective d’un scénario cauchemar à la Grecque?