recouvrement de créances

171 millions € réinjectés dans l’économie

171 millions € réinjectés dans l’économie

Chaque sous compte si bien que les firmes font appel plus facilement aux sociétés de recouvrement de créances.

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Montant moyen des créances qui diminue mais temps de remboursement qui s’allonge pour les particuliers. L’ABR-BVI a tiré son bilan de l’année 2011.

L’association belge des sociétés de recouvrement de créances a fait ses comptes. En 2011, ses efforts ont permis à ses clients, les créanciers, de récupérer 171 millions d’euros. Un chiffre qui reste stable par rapport à 2010 et qui a permis de sauvegarder près de 3 000 emplois. Par contre, le nombre de créances qui lui ont été confiées ont augmenté : l’ABR-BVI observe une hausse de l’ordre de 32 % (+ 10 % «seulement» en termes de montant).

«Une surprise? Pas vraiment, nous avons signé pas mal d’appels d’offres l’année dernière, note Martine ‘t Jampens, administratrice de l’ABR-BVI. Ce qui signifie en clair davantage de clients pour nous. Et puis les entreprises envoient plus facilement les sociétés de recouvrement de créances récupérer leur argent. Même pour les petits montants. Le cash est le nerf d’une entreprise.»

Mensualités plus faibles

Autre élément intéressant : le montant moyen des créances B2B (sur des entreprises) a diminué. On est ainsi passé de 1385€ en 2010 à 1245€ en 2011. Semblable phénomène a été constaté au niveau des créances B2C (sur des consommateurs) : en 2011, ce montant s’élevait à 1062€ contre 1 290 € en 2010.

Le montant moyen est moindre certes mais le niveau d’encaissement n’a pas bougé d’un poil. Sans compter aussi qu’en B2C, les remboursements s’échelonnent sur une plus longue période. «C’est incontestable, les mensualités sont plus faibles, indique Martine ‘t Jampens. La question des délais est devenue centrale aujourd’hui. De ce fait, pour récupérer l’argent de nos clients, cela nous demande plus d’énergie mais aussi plus de sous… alors que nous ne touchons pas une commission plus importante sur les encaissements. De toute manière, on n’aurait aucun intérêt à exiger du débiteur une somme trop élevée. Car tel procédé serait voué à l’échec. Ce qui importe, c’est d’écouter le débiteur et de comprendre sa situation.»

Factures de gaz impayées

De la part des firmes et des particuliers, le comportement a évolué, remarque également la directrice générale de la société Contentia. Tandis que les premières prennent davantage de précautions quand ils proposent leurs services (et ce, pour éviter les impayés), les deuxièmes sont de mieux en mieux informés. «Il y a 10-15 ans, pousser la porte d’un CPAS était considéré comme un déshonneur. Maintenant de moins en moins de personnes endettées hésitent à lui demander conseil.»

La nature des factures impayées a elle aussi changé. En B2C, le crédit à la consommation ne se paie plus la part du lion. «Bien sûr, il y en a toujours mais les créances concernent de plus en plus souvent des factures d’hôpitaux, d’électricité et de gaz. La preuve que la crise est passée par là. Et vu que le temps de remboursement s’allonge, la situation ne devrait pas s’améliorer de sitôt.»